Enfant, Julien Bilodeau était un passionné de voitures qui aimait dessiner et jouer avec des blocs Lego. On ne se surprend donc pas d’apprendre qu’aujourd’hui, à 28 ans, il est designer chez le constructeur californien de voitures électriques Tesla.

Originaire de la Baie Sainte-Marie, en Nouvelle-Écosse, Julien Bilodeau vit à Culver City, en banlieue de Los Angeles, depuis juillet 2015.

«Enfant, il était facile pour moi de passer plusieurs heures par jour à dessiner et à imaginer des mondes futuristes ainsi qu’à m’informer sur l’art et le design», raconte-t-il.

Après avoir obtenu son diplôme de l’école secondaire de Clare en 2006, il a mis le cap sur Paris où, pendant deux ans, il y a effectué des études préliminaires à l’école de design Strate.

«L’expérience a été inoubliable, confie-t-il. Mais la distance entre le Canada et la France a été difficile à gérer, surtout au début.»

En 2008, il a donc fait un retour en Amérique («tout aussi loin de la Nouvelle-Écosse» dit-il en riant), pour y entamer des études en Transportation Design au Art Center College of Design de Pasadena, en Californie.

«Je réalisais ainsi un rêve de longue date. Dès mon arrivée, j’ai su que j’avais pris la bonne décision. L’école est un pilier international du monde du design de voitures et l’énergie qu’on y retrouve nous motive à toujours vouloir nous améliorer.»

Après sept années d’études, M. Bilodeau a enfin goûté au marché de l’emploi en 2013 quand il a déménagé ses pénates en Allemagne afin de travailler pour le réputé manufacturier automobile Porsche (lire encadré).

«J’étais heureux en Californie, mais je désirais poursuivre ma carrière avant tout», souligne-t-il.

Encore une fois, après deux années en Europe, Julien Bilodeau a choisi de traverser l’Atlantique pour emménager en Californie. Un poste chez Tesla Motors l’attendait.

Fondée en 2003, l’entreprise a retenu l’attention pour la première fois en 2008 quand elle a lancé la première voiture de sport électrique, le Roadster. Ce sont depuis ajoutées des voitures de luxe (comme le Modèle S) et des véhicules utilitaires sport (Modèle X), notamment.

Il y a deux mois, l’entreprise a annoncé avoir vendu plus de 164 000 véhicules électriques depuis le lancement du Roadster, en 2008. Des données qui font de la société californienne le deuxième plus grand détaillant de voitures électriques au monde, derrière Renault-Nissan.

Julien Bilodeau n’est pas peu fier d’oeuvrer au sein d’une entreprise qui travaille à l’avancement des technologies vertes dans le domaine de l’automobile.

«C’est une cause qui me motive chaque jour dans mon travail. Dans l’industrie de l’automobile et ailleurs, il est impératif que notre société cesse la consommation de combustibles fossiles et qu’elle passe à l’énergie renouvelable le plus tôt possible.»

«Mon plus grand rêve en tant que designer est de contribuer à ce projet d’une société renouvelable et de voir ce monde se réaliser complètement.»

Celui qui est en couple avec une Californienne et qui revient en Acadie en moyenne deux fois par année affirme beaucoup s’ennuyer de sa famille. Un retour éventuel dans les Maritimes n’est cependant pas dans ses plans.

«Comme l’Acadie, je pense que la Californie sera toujours avec moi. Quoi qu’il arrive dans le futur, les deux endroits ont pour moi beaucoup de valeur et j’anticipe de continuer à voyager d’une côte à l’autre pendant encore un long moment.»

Un séjour chez Porsche

En matière de génie automobile, bien peu de nations sont aussi efficaces et avant-gardistes que les Allemands. Audi, BMW, Mercedes-Benz, Porsche, Volkswagen… Voilà de quoi inspirer un jeune designer automobile!

C’est à la suite d’un stage à sa dernière année d’étude au Transportation Design au Art Center College of Design de Pasadena que Julien Bilodeau a obtenu l’occasion d’aller travailler chez Porsche.

«C’est une compagnie qui a une histoire extrêmement riche et qui donne priorité au design, dit-il. Ce fut donc une excellente expérience d’un point de vue éducatif.»

«D’un point de vue personnel, ce fut à la fois enrichissant et difficile. Il a fallu que j’apprenne une nouvelle langue et que je me fasse de nouveaux amis.»

«Lors de mon séjour de deux ans, j’ai beaucoup appris par rapport au design et par rapport à la vie en générale ainsi que sur mes ambitions pour le futur. C’est une période que je suis à la fois content d’avoir vécue et content d’avoir terminée.»