Denis Melanson, d’Edmundston, affirme qu’il a toujours été ouvert à s’expatrier pour vivre de sa passion, les instruments à percussion. On le croit sur parole puisqu’il enseigne la musique en Chine depuis un peu plus de cinq ans.

L’Acadien âgé de 38 ans a entamé sa carrière dans l’Empire du Milieu en 2011 quand il a décroché un poste de professeur de percussion à l’Université de Huizhou (une agglomération de 5 millions d’habitants située à 100 km de Hong Kong).

«J’enseignais la percussion comme instrument secondaire, donc au niveau débutant, à raison de quinze heures par semaines», raconte M. Melanson.

Après trois ans à ce poste, il a déménagé son savoir à l’école internationale OVO, où il a oeuvré pendant deux ans.

«J’ai été titulaire de 2e année au primaire et professeur d’appréciation de la musique aux niveaux primaire et secondaire.»

Au cours de ces cinq années, l’Acadien a mené une carrière parallèle de percussionniste invité à l’Orchestre de Macau, en plus d’offrir des cours privés.

Il a d’ailleurs accompagné cet orchestre au début octobre dans le cadre du 30e Festival international de musique de Macao. L’ensemble a pour l’occasion interprété l’opéra Turandot de Puccini.

En vacances dans son Nord-Ouest natal jusqu’au Nouvel An, Denis Melanson amorcera non pas un, mais bien deux nouveaux chapitres de sa vie professionnelle en janvier.

Il travaille tout d’abord à l’élaboration d’un programme de musique pour une maternelle internationale avec des enfants âgés de 4 à 6 ans. Il planifie également d’ouvrir sa propre académie de percussion en compagnie de deux de ses anciens étudiants à l’Université de Huizhou.

Une réorganisation de ses fonctions qui permettra à M. Melanson d’avoir plus de temps pour se produire sur scène, notamment avec l’Orchestre de Macao.

«C’est drôle à dire, mais le gros de mon projet pour janvier se situe au niveau du déménagement des instruments de percussion du Canada vers la Chine!, lance-t-il.

Denis Melanson a entamé son apprentissage de la musique à l’âge de 6 ans à l’École de musique Richelieu, a fait ses études secondaires à la Cité des Jeunes d’Edmundston et est détenteur d’un baccalauréat de l’Université de Moncton et d’un diplôme de deuxième cycle de l’Université de Sherbrooke en interprétation percussion classique.

Il caresse de grands rêves pour son académie de musique.

«Je souhaite que mon académie de percussion soit reconnue non pas parce que je suis un professeur étranger, mais bien en raison de la qualité de l’enseignement qui y est offert.»

Celui qui se considère comme un passionné de l’enseignement à sa propre philosophie pédagogique.

«Je suis fier de réussir à utiliser mes expériences antérieures, positives et négatives, pour être un meilleur professeur. Chaque étudiant est différent et j’essaie de m’adapter à eux tout en restant fidèle à mon style d’enseignement. Un beau défi!»

L’Acadien remarque d’ailleurs que, peu importe que l’on enseigne au Canada ou en Chine, les parents ont un rôle primordial à jouer dans l’apprentissage de leurs enfants.

«Les parents font une énorme différence! On remarque tout de suite les petits dont les parents sont présents et participent activement à l’éducation de leurs enfants.»

M. Melanson en connaît d’ailleurs un rayon à ce sujet.

«J’ai toujours eu le support de mes parents face à une carrière en musique et ils sont toujours là pour moi aujourd’hui. Je leur dois beaucoup!»

La barrière de la langue

Il n’est pas toujours facile pour un enseignant acadien qui débarque en Chine de se faire comprendre par ses étudiants. Denis Melanson en sait quelque chose.

Par exemple, à l’Université de Huizhou – où il a enseigné pendant trois ans -, M. Melanson raconte qu’il donnait ses cours en anglais, mais que plusieurs étudiants n’avaient aucune base dans cette langue.

«Mais dans chaque classe (un groupe de cinq étudiants), il y en avait au moins un qui pouvait traduire pour les autres», raconte-t-il.

Les choses se sont un peu améliorées quand il a fait le saut à l’école internationale OVO, en 2014.

«Encore une fois, les cours se déroulaient en anglais. Cependant, le niveau d’anglais de cette école était beaucoup plus élevé.»

«Une autre planète»

«Voir la Chine comme touriste est une chose. Y travaille en est une autre. C’est comme vivre sur une autre planète!»

C’est avec ces mots colorés que Denis Melanson parle de son pays d’adoption, un endroit où les complications administratives et les interminables files d’attente font partie du quotidien. Sans parler de la densité de la population…

«Autant il y a beaucoup de monde, autant on se sent seul puisqu’on ne comprend rien à la langue au début. Tout ce qu’on entend devient du bruit d’ambiance», souligne-t-il.

Denis Melanson a cependant de la chance: il a le privilège de vivre dans une ville (Huizhou) aux infrastructures très développées, mais pas pour autant polluée.

«Huizhou est dans les 10 meilleures villes chinoises au point de vue de l’environnement. Donc, oui, je peux apercevoir des ciels bleus!»