Racines acadiennes: Jean Thériot et Perrine Rau

Denis Savard Gens d'ici

La famille Thériault est l’une de celle qui a laissé le plus grand nombre de descendants, après les LeBlanc bien sûr. Des débuts de l’Acadie jusqu’à nos jours, nous les retrouvons à peu près partout où il y a des Acadiens.

Elle fait partie de la première vague de pionniers permanents en Acadie, probablement arrivée sous la gouverne de Isaac de Razilly, dans les années 1630.

Malheureusement, comme elle arrive si tôt, on a peu de sources pour révéler leurs origines exactes.

Le premier document qui atteste de Jean Thériot et de sa famille est le recensement de Port-Royal en 1671.

Si le couple s’est bien marié en France – comme le suggère la date estimée du mariage – ça améliorera les chances de les y retracer un jour.

Une recherche sur Google retourne de nombreuses pages et bases de données concernant la famille du pionnier, mais la quasi-totalité contient des faits erronés ou invérifiables.

Première erreur d’interprétation et largement véhiculé depuis belle lurette: l’épouse de Jean Thériot était nommée Perrine RAU (ou Reau), et non Perrine Bourg, ni Breau. Si le nom surprend, ce patronyme et ses variantes (Rault) sont recensés à plusieurs reprises à La Rochelle en 1614 et 1641.

Si plusieurs pages indiquent Martaizé comme lieu de naissance de Jean Thériot sans autre nuance, dans les faits, on n’en sait rien. On sait qu’il est né vers 1601, en France. C’est tout.

La théorie de Mme Massignon à ce sujet n’a toujours pas trouvé de fondement dans les sources, un demi-siècle plus tard.

Comme dans les autres cas d’espèce, il est grand temps d’écarter cette théorie pour élargir le champ de recherche et ainsi espérer découvrir leurs réelles origines.

Le seul lien tangible qu’entretient la famille avec cette région est du côté de leur bru Andrée Brun (épouse de Germain Thériot), née à La Chaussé. Mais puisque ce lien est consolidé une génération après l’arrivée de la famille Thériot en Acadie, il n’a rien de concluant.

Plusieurs sites présentent aussi une ou deux générations supplémentaires du côté des Thériot. Ne vous y méprenez pas. C’est de la fiction. Aucun document ne nous permet – pour l’instant – d’identifier les parents de Jean Thériault ou de Perrine Rau.

Patriarche à Port-Royal

Au recensement de 1671, Jean Thériot est déjà âgé de 70 ans. Seul le cadet, Pierre âgé de 16 ans, demeure encore avec ses parents. C’est ce Pierre Thériault qui fondera plus tard le village de Grand-Pré.

Sa fille Catherine y est mentionnée, mais elle l’est aussi chez son nouveau mari Pierre Guilbeau, où elle demeure, évidemment.

Le patriarche se déclare alors laboureur. Il possède six bêtes à cornes, une brebis et cinq arpents en valeur. Ses fils Claude (& Marie Gautrot) et Germain, voisins du paternel, cultivent respectivement six et deux arpents. Un autre fils, Jean, âgé de 32 ans et marié, est aussi mentionné au recensement de 1671, avant qu’on ne perde sa trace.

S’il s’est établi ailleurs, on ne lui connaît pas de descendance.

Dans la grande famille gauloise

De nombreux Thériault acadien ont fait un test de base d’ADN-Y (dits STR). On sait par deux tests subséquents (dits SNP) que la famille fait partie de la famille R-L23 – la principale branche de la grande famille celte R-M269 souvent citée dans ces pages.

Mais aucun d’eux n’a encore exploré plus loin pour déterminer la branche précise de la famille.

Ces tests prendront toute leur importance quand la pratique sera plus répandue en France. Ils nous permettront de déterminer les foyers des patronymes acadiens, ce qui délimitera considérablement le champ de recherche pour trouver des preuves documentaires des origines précises de certaines familles.

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