Marc LeBlanc est le premier à l’admettre: il vit au paradis. L’Acadien âgé de 35 ans est, depuis trois ans, le directeur d’une station balnéaire située sur la petite île de Kandolhu, dans l’atoll des Maldives, en plein coeur de l’océan Indien.

«Les Maldives sont une destination paradisiaque et tropicale haut de gamme, souligne le natif de Fredericton au sujet de ce pays d’Asie du Sud constitué de 1200 îles situé à 450 km au sud de l’Inde.

«Nous sommes entourés d’une mer bleue, de lagons, de sable doux et blanc. Et la vie marine est extraordinaire», ajoute-t-il, précisant que l’endroit est idéal pour échapper à la vie quotidienne, pour se détendre et refaire le plein d’énergie.

On compte environ 130 îles-hôtels aux Maldives et Kandolhu est une des plus petites avec sa superficie de… 150 mètres sur 200. On y retrouve 30 chambres de luxe, dont certaines sur pilotis. Une équipe de 130 employés – «représentants pas moins de 15 nations», clament fièrement M. LeBlanc – y travaille.

À titre de directeur (Resort Manager), le diplômé de l’école Sainte-Anne est considéré comme le «chef de l’île»!

«C’est moi le responsable de gérer l’île et l’équipe, de voir au bien-être des clients et de s’occuper des affaires du propriétaire de notre groupe d’hôtels», explique celui qui a fait ses débuts dans l’industrie hôtelière à l’âge de 16 ans en tant que laveur de vaisselle au Delta de Fredericton.

«Beaucoup de mes amis croient que je mène une vie facile et que j’ai un pina colada à la main 24 heures par jour, sept jours sur sept. Mais travailler dans un resort est encore plus exigeant que de travailler dans un hôtel», précise l’Acadien.

«Nous (lui et sa conjointe, la Britannique Laura Robinson, qui est directrice adjointe) travaillons tous les jours ou presque. Nous sommes payés pour servir la clientèle jour et nuit. Les deux jours de congé de la fin de semaine n’existent pas ici. Mais c’est quand même mon choix et je l’adore.»

La journée de travail typique de Marc LeBlanc consiste en une foule de petites tâches, allant de l’accueil des clients à l’inspection de l’île, en passant par le marketing et… la sélection des vins!

«En bref, je fais presque tout, lance-t-il en riant. Une de mes fonctions principales est d’apprendre à connaître les clients afin de leur offrir un service ultraspécialisé. J’aime être visible afin de m’assurer que nos visiteurs sont satisfaits en tout temps.»

Vivre au paradis n’a toutefois pas que de bons côtés.

«L’endroit où je vis est éloigné de tout, notamment de ma famille et de mes amis. La logistique et l’achat de matériel (pour la station balnéaire) sont aussi très difficiles. Ça prend beaucoup d’organisation pour connaître du succès.»

«Je m’adapte toutefois très bien. C’est plus facile de vivre avec ces désagréments dans un environnement spectaculaire. Et chaud!»

Les efforts et les sacrifices de l’Acadien ne passent toutefois pas inaperçus: même s’il est un des plus jeunes directeurs des Maldives, «son» île figure au palmarès des meilleurs endroits où passer ses vacances.

Marc LeBlanc a en effet appris cette semaine que Kandolhu figure au onzième rang mondial des TripAdvisor Traveler’s Choice Awards 2017!

Le potentiel touristique du N.-B.

Détenteur d’un baccalauréat en hôtellerie de l’Université Ryerson, à Toronto, Marc LeBlanc a roulé sa bosse un peu partout dans le monde.

Il a ainsi travaillé dans l’industrie hôtelière des îles Caymans, de Saint-Martin et de Bali.

Il a déjà accompli un de ces premiers rêves: devenir directeur d’hôtel avant l’âge de 40 ans. Il souhaite maintenant gérer des hôtels de plus grandes tailles jusqu’à pouvoir revenir dans sa province natale.

«J’aimerais bien, un jour, posséder mon petit hôtel qui aurait son propre restaurant réputé», confie celui qui dit se faire une fierté de raconter à ses clients qu’il est originaire de l’Acadie.

Il voit d’ailleurs beaucoup de potentiel pour l’industrie touristique néo-brunswickoise.

«C’est un endroit très calme, relaxant, avec une beauté incommensurable.»

«L’offre touristique y est toutefois jeune et n’est pas encore assez développée pour répondre aux demandes des clients du futur.»

«Le Nouveau-Brunswick et l’Acadie sont des endroits spéciaux. J’irais même jusqu’à dire que c’est un secret caché qui va être découvert un jour par des touristes, qu’ils soient du Canada ou d’ailleurs. La nature, la forêt, la mer, les lacs, les plages, la culture, les fruits de mer… Il y a beaucoup de points positifs.»

«Le fait d’être en contact avec des clients du monde entier m’a permis d’acquérir de nombreuses connaissances. Un jour, j’aimerais faire ma petite contribution à l’économie et au secteur touristique de la province et de l’Acadie.»

Il pourrait même s’installer à Saint-Louis-de-Kent, où ses parents ont récemment déménagé de Fredericton afin d’y construire une maison de retraite près du parc Kouchibouguac.

«J’habite un paradis tropical (aux Maldives), mais je n’hésite pas à comparer leur nouveau domicile à un aussi beau paradis», vante-t-il.