L’Acadien qui gère les résidus d’une mine d’or

Patrice CôtéGens d'ici

Sans la supervision de l’équipe d’un ingénieur acadien basé au Pays de Galles, l’exploitation d’une importante mine d’or située au Burkina Faso serait chaotique.

Michel Noël, qui est né à Saint-Jean et a grandi à Bathurst, est ingénieur civil pour la firme SRK Consulting. L’homme âgé de 55 ans vit à Rhiwbina, un quartier de Cardiff, la capitale du Pays de Galles, depuis 2010.

SRK offre des services-conseils à l’industrie minière par l’entremise d’une équipe de spécialistes.

«Ma spécialisation couvre principalement la gestion des résidus miniers, explique l’Acadien dont la famille est originaire de l’île Lamèque. Ceci nécessite des connaissances en géotechniques, en gestion des eaux souterraines et de surface, en conception de barrages et en modélisation numérique.»

Depuis 2015, M. Noël consacre ses efforts à temps plein à la gestion des résidus d’une mine située au Burkina Faso. La mine appartient à la firme canadienne Iamgold et, selon les standards de l’industrie, est considérée comme importante.

L’ingénieur se déplace donc dans ce pays d’Afrique à raison d’une semaine par mois, en moyenne. Son travail l’amène également à voyager ailleurs dans le monde. Il a par exemple passé une partie de la dernière semaine dans le nord de la Finlande.

Les membres de son équipe sont éparpillés un peu partout sur la planète: Cardiff, Vancouver, Montréal, Angleterre, Australie, Afrique du Sud, France, Nouvelle-Calédonie et, évidemment, Burkina Faso.

«Étant donné que nous gérons les résidus miniers, je dois interagir avec les différents départements de la mine», précise celui dont l’épouse, Suzette Hébert, est originaire de Shippagan.

«Notre équipe a la responsabilité de maintenir une capacité de stockage en résidus suffisante, sans quoi il faudrait arrêter toutes les opérations minières.»

En pratique, la journée de travail de l’Acadien est composée de calculs techniques, de réunions et de délégation de tâches. Mais aussi, de beaucoup de temps au téléphone.

«La journée est souvent entrecoupée de téléconférences qui peuvent s’étaler de tôt le matin afin de discuter avec les Australiens jusqu’en soirée pour joindre Vancouver», raconte celui qui travaille presque toujours de la maison quand il n’est pas au Burkina Faso.

Dire qu’à une certaine époque, le diplômé de l’École secondaire Népisiguit (1979) rêvait de devenir… architecte.

«Mes études postsecondaires ont débuté à l’Université de Moncton en génie général afin de pouvoir éventuellement m’inscrire à une école d’architecture. Mon passage à Moncton m’a toutefois fait réaliser que je voulais devenir ingénieur civil et non architecte.»

«L’argument qui m’a convaincu est le côté plus technique et scientifique requis de l’ingénieur pour résoudre des problèmes concrets et réels. L’ingénieur construit ce que l’architecte conçoit.»

Après s’être spécialisé à l’Université de Sherbrooke et à l’École polytechnique de Montréal, le marché du travail a trimballé Michel Noël un peu partout, l’amenant à Fredericton, à Rivière-du-Loup, à Bathurst, à Sydney (Australie), à Vancouver et à Cardiff.

Au crépuscule de sa carrière, ce père de deux grandes filles (Marie-Christine et Caroline, qui sont nées à Fredericton) est reconnaissant d’avoir pu collaborer avec des experts de calibre international et d’avoir pu transmettre ses connaissances à des jeunes qui ont soif d’apprendre.

«Mes fréquents déplacements m’ont permis de découvrir des coins de pays que je n’aurais jamais eu la chance de voir. Les difficultés techniques de certains de mes projets ont parfois nécessité beaucoup d’efforts, mais l’aboutissement à une solution viable m’a toujours procuré une satisfaction qui me pousse à continuer.»

Les Gallois et les Anglais

Michel Noël souligne que son déménagement au Pays de Galles lui a rapidement fait réaliser l’importance de différencier un Gallois d’un Anglais.

«On ne dit pas d’un Gallois qu’il est Anglais, car les Anglais sont d’Angleterre et non du Pays de Galles. Cette logique s’applique aussi aux Écossais et aux Irlandais.»

Le Royaume-Uni (qui est parfois confondu à tort avec l’Angleterre ou la Grande-Bretagne) est en effet composé de quatre nations: l’Angleterre, l’Écosse, le Pays de Galles et l’Irlande du Nord – les trois dernières ayant des administrations propres disposant de pouvoirs variés.

«Le peuple gallois est en général jovial, gentil, et sans prétention», souligne M. Noël.

«Les origines britanniques des Gallois font en sorte qu’ils suivent les conventions et les protocoles préétablis, mais ils sont moins susceptibles que les Anglais lorsqu’on s’en éloigne.»

Magnifique et… froid

«On ne vient pas au Pays de Galles pour le soleil et la chaleur», affirme sans ambages Michel Noël.

«L’imperméable est indispensable. Les bulletins de nouvelles font état d’une vague de chaleur lorsque le thermomètre dépasse 25°C et les baignades à la plage sont essentiellement inexistantes.»

«Même si la météo fait souvent défaut, le paysage gallois compense amplement. Ses collines et vallées arrondies, ses petites routes de campagne, la présence de moutons qui agrémentent la verdure des collines, et les divisions des champs selon le relief et sans segment linéaire font du Pays de Galles une destination très pittoresque.»

«Le Pays de Galles possède aussi des plages pouvant rivaliser avec bien des pays, à condition évidemment de ne pas inclure la température de l’eau!»

«On ne vient pas non plus au Pays de Galles pour le côté culinaire britannique. Autre que les fameux fish-n-chips disponibles dans la plupart des pubs, les menus britanniques demeurent en grande partie très conventionnels et limités.»

«Tout visiteur se doit toutefois de goûter aux fameux Welsh cakes, petite pâtisserie avec des raisins ressemblant à la fois à une crêpe et à un biscuit. Difficile d’y résister lorsqu’encore tiède!»