Personnalité de la semaine: Rebecca Schofield

Jean-Marc DoironGens d'ici

Le mouvement initié par Rebecca Schofield, une jeune du Sud-Est atteinte d’un cancer, a touché des milliers de personnes. Depuis la mi-décembre, des individus de partout à travers le monde font des bonnes actions, puis la partagent dans les médias sociaux avec le mot clique #beccatoldmeto.

En février 2015, des médecins ont trouvé une tumeur dans le cerveau de l’adolescente de Riverview. Après une chirurgie urgente, elle a entrepris une longue période de traitements. En décembre 2016, deux autres tumeurs ont été trouvées dans son cerveau. Puisqu’elles sont à des endroits sensibles, la chirurgie n’est pas une option.

C’est à ce moment que celle qui est âgée de 17 ans a composé sa liste de voeux à réaliser. Au sommet de la liste: inspirer les gens à faire des actions positives.

Depuis, le salon de la famille Schofield s’est rempli de mémentos. Ils comprennent des toiles peintes, un certificat de la GRC et de nombreux chandails de hockey signés par des joueurs des Maple Leafs de Toronto et des Stars de Dallas – obtenu pendant son voyage de la Fondation des rêves – et des Wildcats de Moncton, son équipe préférée de la LHJMQ.

Mercredi, le premier ministre Justin Trudeau a tweeté une photo de lui-même en train de signer un certificat de reconnaissance à Rebecca Schofield.

Elle est la personnalité de la semaine Radio-Canada / Acadie Nouvelle pour la semaine du 20 février 2017.

Comment réussissez-vous à maintenir une attitude positive dans votre lutte contre le cancer ?

«Ce n’est pas toujours facile, comme tu sais. Il y a des journées où on se demande: “pourquoi moi?” Mais la positivité, c’est un choix. Et c’est un choix que j’ai fait.»

«C’est pourquoi maintenant je pense “oui, pourquoi moi?”, mais je décide de ne pas rester dans la négativité. Tu peux te sentir négatif et tu peux te sentir triste, mais à la fin de la journée, il faut passer à ce qui est important. Et ce qui est important, c’est le reste du temps que j’ai.»

Plusieurs personnes qui ont vécu près du cancer accordent une plus grande valeur au temps. Est-ce le cas pour vous ?

«Oui. Tu dois vraiment apprécier le temps que tu as, surtout le temps avec ta famille. Quand je suis très malade, je pense à ma famille. Quand j’ai beaucoup de nausée et que je ne peux pas arrêter de vomir, je me dis que, quand je pourrai arrêter de vomir et que je me sentirai bien, je voudrai juste avoir du temps avec ma famille. Quand j’ai de la nausée comme ça, je ne peux pas parler. Ça fait trop mal. J’aime le temps que j’ai avec ma famille, où je peux parler, puis qu’on peut rire et faire des blagues.»

De quelle façon votre famille vous a-t-elle aidé ?

«La première fois que j’ai eu de la radiation, c’était très difficile pour moi. Les oncles du côté de mon père ont pris un panier et ils l’ont rempli de petits cadeaux enveloppés. Chaque jour, ou quand j’étais triste, je pouvais ouvrir un cadeau. C’étaient de petites choses. Ça pouvait être une paire de bas avec des dessins comiques ou du vernis à ongles.»

De quelle façon cela vous a marqué ?

«Ça m’a aidé à voir la beauté dans les petites choses. Ç’a créé des souvenirs. Il y avait du vernis à ongles avec des collants. C’était vraiment drôle quand maman a essayé de les mettre, et elle est devenue frustrée. On a aussi eu un puzzle 3D d’une pomme. Mon père, ma mère et moi ne pouvions pas le faire, mais ma soeur s’est installée pendant deux heures et elle l’a fait. Maintenant, personne ne le touche, parce qu’on ne sait pas comment le refaire!”

Un de vos voeux était d’avoir un tatouage. En avez-vous eu un ?

«Oui, c’est sur mon avant-bras gauche. Ça dit “You will be in my heart” (tu seras dans mon coeur). Sur les côtés, il y a des fleurs de cerisiers, qui représentent “the fleetingness of life and of beauty” (le caractère éphémère de la vie et de la beauté).»