L’Acadien qui vend les étiquettes du futur…

Patrice Côté Gens d'ici

Imaginez-vous en train de faire des courses dans une pharmacie. Vous trouvez enfin le rayon du produit que vous cherchez. Alors que vous évaluez les mérites des différentes marques qui sont offertes, le prix demandé pour une d’entre elles baisse de 1$ sous vos yeux. Science-fiction? Certainement pas pour Serge Doucet, de Bathurst.

L’Acadien âgé de 39 ans est directeur commercial international chez SES-Imagotag, une entreprise basée à Ettenheim, en Allemagne.

SES-Imagotag, qui emploie près de 300 personnes, est un des leaders mondiaux de l’étiquetage électronique (ou digital).

Brevetée en 2004 en Californie, la technologie permettant l’affichage électronique gagne en popularité partout dans le monde, particulièrement en Europe et au Japon.

À titre de preuve, citons simplement le contrat record de 105 millions $US qu’a décroché SES en 2015 pour équiper les magasins de 14 pays européens d’un géant allemand de la distribution de produits électroniques.

Le concept des étiquettes digitales est simple: oubliez la traditionnelle étiquette en papier qui est collée sur les tablettes des magasins devant chaque produit en vente et qui en indique le prix. Remplacez plutôt ce bout de papier par un petit écran – un peu comme celui que l’on retrouve sur un thermomètre digital ou une calculatrice.

Cette technologie permet, à l’aide d’un ordinateur, de faire la mise à jour des prix à distance et de façon automatique. Les commerces qui l’adoptent économisent donc sur la main d’oeuvre autrefois chargée d’ajuster manuellement les prix.

Ces étiquettes permettent également d’adopter des stratégies promotionnelles plus agressives.

«À titre de directeur commercial international, je suis responsable de la coordination des différents projets commerciaux de nos divisions de l’Europe de l’Ouest et de l’Amérique du Nord», explique Serge Doucet.

Concrètement, l’Allemand d’adoption passe du temps au siège social pour répondre à des appels d’offres, en plus de visiter des clients potentiels et de participer à des foires commerciales, principalement en Europe occidentale.

«Ce qui me plaît le plus, c’est l’aspect international de mon travail et les différentes cultures d’affaires avec lesquelles je travaille», dit-il.

Le diplômé de l’école secondaire Népisiguit aime bien voyager. Après ses études en administration à l’Université de Moncton, il a vécu à Ottawa, à Montréal, à Rotterdam (aux Pays-Bas), de nouveau à Montréal, pour finalement déménager à Fribourg (en Allemagne), en 2011, puis à Ettenheim l’année suivante.

Le père de deux enfants (Elaine, âgée de 8 ans, qui a vu le jour à Montréal, et Evan, qui est âgé de 5 ans et né aux Pays-Bas) n’a donc pas hésité quand, en 2011, l’occasion de retourner vivre en Europe s’est présentée.

«Je désirais retourner m’établir sur le continent. Quand mon ancien employeur m’a contacté et m’a offert un emploi en Allemagne, la décision n’a pas été difficile à prendre. Surtout que ma femme (Elsbeth van der Plas) est Néerlandaise», explique-t-il.

Ettenheim est une petite ville du sud-ouest de l’Allemagne d’environ 12 000 habitants dont la fondation date du 14e siècle. Serge Doucet parle d’une ville «baroque située aux abords de la Forêt-Noire» (où le Danube prend sa source et qui est prisée des amateurs de plein air pour ses sentiers pédestres et ses lacs).

L’Acadien souligne que la vie en Allemagne est un peu différente de celle au Canada, principalement parce que le pays européen est plus petit, mais abrite trois fois plus de citoyens.

«Le climat est aussi beaucoup plus chaud en Allemagne avec un hiver d’à peine trois mois.» Et où la température moyenne en janvier est de 1 degré Celcius!

Si le climat est clément en Allemagne, on ne peut en dire autant des habitants du pays.

«Les gens ne sont pas aussi chaleureux qu’au Canada, mais on a appris à les apprécier», confie M. Doucet.

Cette froideur est au nombre des éléments qui ont le plus déstabilisé l’Acadien lorsqu’il s’est établi au pays de la Mannschaft, tout comme la langue.

«Même après six ans, je trouve encore difficile de maîtriser l’Allemand», confie-t-il.

C’est probablement en Europe que Serge Doucet réalisera son rêve de jeunesse (devenir millionnaire et conduire une Lamborghini!) puisqu’il n’a pas l’intention de revenir s’établir en Acadie.

Il est toutefois de passage dans sa région natale tous les trois ou quatre ans afin de renouer avec «les gens les plus chaleureux du monde».

EXPATRIÉS RECHERCHÉS!
Vous connaissez un Acadien qui fait carrière hors des frontières du pays?
Transmettez-moi ses coordonnées par courriel (patrice.cote@acadienouvelle.com) et il pourrait, à son tour, faire l’objet d’un reportage dans le cadre de la chronique De par le monde.