Personnalité de la semaine: Mathieu Arsenault

Jean-Marc DoironGens d'ici

À 33 ans, Mathieu Arsenault, de Charlottetown, a déjà vécu plus d’expériences que la plupart des gens en vivront dans une vie entière.

En 2012, il a passé huit mois sur l’océan atlantique avec 60 personnes en tant qu’enseignant sur un voilier-école. En 2014, sa capacité de parler russe lui a permis à participer aux Jeux olympiques de Sotchi en tant que membre de l’équipe de soutien de la délégation canadienne.

Celui qui a obtenu un baccalauréat en sciences politiques et en études russes à l’Université Laval participe à de nombreuses initiatives visant l’avancement de sa communauté, des jeunes et des énergies renouvelables. Il a aidé à créer un service de covoiturage dans les Provinces maritimes nommé Maritime Rides Share. Il offre son temps en tant que bénévole à SprayAID, un organisme qui aide les personnes ayant un faible revenu à faire stériliser leurs animaux domestiques. Il a également pris part à Winter Love PEI, une initiative qui promeut les côtés positifs de l’hiver.

Le fils d’un musicien à la retraite et d’une enseignante de français devenue fonctionnaire au gouvernement fédéral est fondateur de sa propre entreprise, une firme de consultant nommée Think Forward Solutions. Dans son métier, il encadre des petites entreprises et des organismes à but non lucratif afin de les aider à être plus efficaces et orientés vers leurs objectifs.

Il est la personnalité de la semaine Radio-Canada / Acadie Nouvelle pour la semaine du 1er mai 2017.

Comment êtes-vous arrivé à parler russe?

«Ça, c’est le type de chose qui arrive dans la vie parfois. Une chose mène à une autre. Après ma première année d’université, ça me tentait de voir le monde. J’ai appliqué pour Jeunesse Canada monde, où on m’a demandé de faire trois choix de destinations. Ils ne m’ont pas envoyé à un de mes choix, mais en Ukraine. Ç’a été mon initiation à l’Europe de l’Est. L’Europe de l’Est fait maintenant partie de ma vie – au point où certains me connaissent comme “Mathieu le Russe”.»

Plusieurs ont des rêves, mais une minorité les réalise. Comment avez-vous réalisé votre rêve de participer aux Jeux olympiques?

«Pour moi, il y a deux étapes. Il faut d’abord savoir ce qu’on veut faire. Ça peut être plus difficile qu’on pense, parce que dans la vie, il y a plusieurs gens qui te disent quoi faire. La deuxième partie est de savoir comment on y arrive. Ça ne se fait pas du jour au lendemain. Il faut travailler pour l’atteindre.»

«Dans le cas des Jeux olympiques, je devais me demander honnêtement “comment va-t-on aux Jeux olympiques?”. Je ne savais absolument pas par où commencer. J’ai donc abordé le projet dans le sens inverse. On se dit d’abord “l’objectif final est d’aller aux Jeux olympiques”. Ensuite, on se demande quels sont les moyens d’y aller. On peut être bénévole, on peut travailler pour l’équipe du Canada, on peut y aller comme touriste. Ensuite j’ai continué à reculer: j’ai parlé à des personnes qui étaient déjà allées aux Jeux pour savoir comment ils y étaient arrivés. J’ai fait de la recherche et j’ai approché le comité des Jeux. C’est en partie un travail de détective et il faut être prêt à mettre les heures de travail.»

Qu’est-ce qui vous motive à vous perfectionner et à entreprendre de nouveaux projets?

«Je dirais probablement deux choses. Premièrement, j’ai toujours été une personne curieuse. J’aime beaucoup apprendre et voir de nouvelles choses. L’autre chose, ce sont les connexions humaines. J’aime connecter avec les gens et vivre des expériences avec eux. Je pense vraiment que c’est le but de la vie, d’avoir de belles expériences et de connecter avec les gens.»

Quel rôle jouent les relations humaines et l’esprit communautaire dans votre vie?

«Je pense que si tu es d’héritage acadien, tu as l’esprit de vouloir bâtir des choses ensemble. Mes parents, en particulier, sont des personnes très communautaires. J’ai donc toujours été une personne forte sur le côté communautaire et inclusif. Ça fait partie de la fibre de mon être.»

Quel impact les Jeux olympiques ont-ils eu sur cette partie de votre vie?

«Les Jeux olympiques étaient encore mieux que je m’attendais. Ce qui est très beau avec les Jeux, c’est que c’est un moment où on arrête de regarder nos différences et on regarde ce qu’on a en commun. La leçon des Jeux, pour moi, est qu’on a beaucoup plus de choses en commun qu’on en a de différentes. Ça arrive souvent qu’on regarde les différences, mais je vois l’importance de regarder les choses qu’on peut faire en commun et les liens qu’on peut créer. Être aux Jeux en personne, c’est la chose la plus frappante pour moi – autre que les athlètes.»