Tapis rouges et Fée des étoiles: une année folle pour une designer de Saint-Quentin

Jean-François BoisvertGens d'ici

Designer, styliste et costumière, Vanessa Borris a vécu une année 2017 des plus prolifiques. Après un premier tapis rouge en carrière avec le gala Artis, elle a récidivé à celui des prix Gémaux puis celui de l’ADISQ.

C’est chez elle, à Saint-Quentin, qu’elle clôture cette année de rêve en réalisant justement un petit fantasme de jeunesse: personnifier la Fée des étoiles lors d’un défilé de Noël. Et comme elle est designer, c’est elle même qui a conçu sa robe et sa couronne de A à Z. Et ce costume a définitivement été l’un des moments forts du défilé.

«On cherchait du monde pour ce premier défilé et j’ai embarqué sans trop hésiter. Plus jeune, je me souviens avoir toujours été impressionnée par ceux qui étaient diffusés à la télé. Et évidemment, l’arrivée de la Fée des étoiles était mon moment favori», avoue Vanessa.

Son costume avait de quoi attirer l’œil. Loin d’être une robe conventionnelle, celle-ci était incrustée de lumières. Et fait intéressant, c’est elle-même qui portait sa création, ce qui ne lui était jamais arrivé puisqu’elle les concocte pour les autres.

«Je fais des vêtements et des costumes pour tout le monde, sauf pour moi. Mais cette fois, c’était différent, je tenais à être du défilé. Et le regard des enfants, c’était simplement magique. Je suis très contente d’avoir eu la chance de participer à cette première. Car même si je demeure aujourd’hui dans la région de Montréal, mon cœur est encore ici», exprime-t-elle.

Année folle

Cette expérience n’est que le clou d’une année sans faille pour la jeune styliste qui a enchaîné les bons coups.

Tout a commencé avec l’obtention de deux contrats de confection de costumes pour des vidéoclips, soit Jo, Jane et Jim de l’acadien Joseph Edgar et Avant de l’ex-Star académicienne Maritza. Ces deux expériences l’ont littéralement propulsée.

«On peut être longtemps à Montréal dans l’ombre, mais ça m’a donné une grande visibilité. Ça m’a permis de me faire connaître. Les gens ont vu ce que je pouvais faire, et ça m’a donné un élan incroyable. Tout a déboulé par la suite», relate la jeune dame de 27 ans qui avoue avoir eu une période de grand doute l’été précédent.

«Ça faisait sept ans que j’ai obtenu mon diplôme du collège en design de mode, et mes choses n’avançaient pas du tout. J’avais l’impression de travailler très fort pour, en fin de compte, pas grand-chose. C’était difficile, mais j’ai donné un grand coup… et ça a fonctionné. Je suis tombé dans mon élément», avoue-t-elle.

De fil en aiguille, elle s’est forgé une bonne réputation – un nom – à l’intérieur du milieu de la mode dans la métropole québécoise, ce qui l’a emmené à travailler avec d’autres stylistes et designers ainsi que pour des compagnies de marques. Et puis il y a eu cette collaboration pour ce tout premier tapis rouge, celui du gala Artis où elle a participé à la conception de la robe d’une des comédiennes de l’heure au Québec, Mélissa Désormeaux-Poulin.

Les contrats se sont succédé, puis est arrivé un second tapis rouge de gala, cette fois, celui des prix Gémeaux avec une création pour la comédienne Sarah Dagenais-Hakim, une robe splendide qui a fait tourner bien des têtes. Et puis un troisième, celui de l’ADISQ, où son ensemble créé pour la chanteuse May Wells et Alex Gaudreau a été très bien accueilli par les commentateurs de mode.

Projets

Et pour ce qui est de 2018? Chose certaine, Vanessa compte mettre à profit ses récents succès et continuer dans la même veine. Plusieurs projets mijotent ou sont déjà en branle, dont la confection d’une gamme de vêtements de luxe pour le grand public. Et il y a de fortes chances que ces créations foulent de nouveau les tapis rouges des différents galas québécois. «Je ne veux pas nommer de nom tout de suite au cas où ça changerait d’ici là, mais ça regarde bien», confirme-t-elle.

Et qui sait, l’année prendra peut-être également fin avec une seconde apparition de la Fée des étoiles. «Je ne sais pas si ce sera moi qui porterai le costume, mais sinon il sera ici, disponible pour une autre fée», dit-elle.

(La photo de la Fée des étoiles est une gracieuseté de Marcel Côté)