Gérard Beaulieu, le «miraculé» de Sainte-Anne-de-Madawaska

Sébastien LachanceGens d'ici

Gérard Beaulieu s’accroche à la vie et à son deuxième cœur.

Le résident de Sainte-Anne-de-Madawaska est l’Ambassadeur du cœur néo-brunswickois de la Fondation de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec.

Il admet sans détour que le cours de sa vie a été parsemé de moments joyeux et de chapitres éprouvants.

La vie de Gérard Beaulieu a basculé en juillet 2009, alors qu’il est frappé par un cancer des ganglions.

Après des traitements de chimiothérapies à Edmundston, il sera contraint de se diriger à Québec pour y subir des examens plus approfondis.

Ces examens déterminent que l’homme doit se soumettre à d’autres traitements de chimiothérapies, parfois 24 heures sur 24, assortis d’une autogreffe de moelle osseuse.

Après d’autres traitements, cette fois de radiothérapie, tout semble indiquer que le patient est sur la voie de se rétablir.

S’il avait perdu durant un certain moment ses cheveux et même ses ongles, Gérard Beaulieu n’a jamais perdu le goût de guérir et de reprendre une vie normale.

Le charpentier de métier et ses proches n’étaient toutefois pas au bout de leurs peines.

«À l’automne 2011, j’ai réalisé que j’étais toujours à bout de souffle. Après avoir consulté mon médecin, j’apprends que je dois être transféré à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec puisque je souffre d’insuffisance cardiaque et que ça me prend un nouveau cœur», raconte le résident du Madawaska.

Après quelques examens, Gérard Beaulieu apprend plus tard une bonne nouvelle: il est admissible à recevoir un nouveau cœur et figure désormais sur une liste d’attente.

«On m’a dit que je pourrais devoir quand même devoir attendre un ou deux ans».

Après trois tentatives de transplantation cardiaque qui se sont avérées infructueuses, l’homme aura enfin droit à son jour de chance.

«J’ai reçu un appel le 31 décembre 2013, me disant qu’on avait trouvé un donneur et un cœur compatibles. Je m’en souviens très bien, c’était à 4h20 le matin», raconte Gérald Beaulieu.

Cette fois aura enfin été la bonne. L’homme dit croire qu’il doit possiblement la vie à une jeune femme de Montréal qui aurait été victime d’un accident de la route.

«Je n’ai jamais gagné à la loterie, mais là j’avais gagné un cœur! Ç’a été le plus beau jour de ma vie», raconte-t-il avec émotion.

Après une intervention chirurgicale de six heures, le patient est placé dans un coma artificiel pendant une semaine avant de séjourner aux soins intensifs durant plusieurs semaines.

Des problèmes rénaux, une bronchite, une pneumonie et des maux de jambe meubleront cet épisode postopératoire.

Ces maux nécessiteront pas moins de cinq interventions chirurgicales aux jambes.

Avec sa conjointe Michelle à ses côtés et un ardent désir de vivre, M. Beaulieu se remet lentement sur pied. Mais le destin lui réservait encore une surprise.

«J’ai appris un an plus tard lors d’un suivi de routine que mon thorax est complètement détaché et que ça nécessite une autre opération pour corriger le problème», ajoute l’homme âgé de 58 ans.

Aujourd’hui, celui qui est souvent surnommé «le miraculé» s’accroche à la vie et tente de savourer chaque moment du quotidien avec ses proches.

Gérald Beaulieu a évidemment adopté un sain régime alimentaire, ainsi qu’une bonne dose de patience, de positivisme et de bon voisinage.

Il est plus qu’heureux voir grandir ses quatre petits-enfants et de pouvoir conduire, à l’occasion, son véhicule tout-terrain, comme avant.

Tout en rendant hommage au personnel soignant qui l’a épaulé durant toutes ces épreuves, Gérald Beaulieu espère que son histoire pourra sensibiliser les gens au don d’organe.

«Je crois même que ça devrait être obligatoire. Un seul donneur peut sauver plusieurs vies.»