La doyenne de Bas-Caraquet révèle son secret: le bonheur

Vincent PichardGens d'ici

La doyenne de Bas-Caraquet a 103 ans. Installée depuis peu en foyer, Vivine Ross affiche une vitalité de demoiselle et se dit sensible aux charmes du premier ministre, Brian Gallant.

En deux mois seulement, Vivine Ross est devenue la vedette de la résidence Aux douces marées, à Bas-Caraquet. Elle y est installée depuis début décembre.

«Elle est très vive, très attachante. Jamais, elle se plaint», décrit Nathalie Patrice, la directrice.

Les pensionnaires sont également sous le charme.

«Elle a toujours un mot gentil pour chacun d’eux. Elle se soucie des autres, tout en taquinant son monde quand elle en a l’occasion.»

Cette mamie chaleureuse n’en reste pas moins une femme de caractère. Proposez-lui de l’aider à se relever de sa chaise et elle vous remettra poliment, mais fermement, à votre place.

«Elle sait ce qu’elle veut et ce qu’elle ne veut pas. C’est une main de fer dans un gant de velours», poursuit la responsable.

Vivine Ross est la résidente la plus âgée. Elle est aussi la doyenne, à Bas-Caraquet: la vieille dame a célébré, la semaine dernière, ses 103 ans. Pour marquer l’événement, ses proches lui avaient organisé un anniversaire en grand pendant lequel elle n’était pas la dernière à danser.

Elle a reçu les honneurs du gouvernement provincial. Un certificat signé du député de la circonscription de Caraquet, Hédard Albert, et un autre du premier ministre lui ont été remis. Elle aurait aimé que Brian Gallant soit présent à sa fête.

«C’est un beau garçon», confie-t-elle, une pointe de malice dans le regard.

Vivine Ross n’affirme rien gratuitement. Elle s’est forgé son opinion du physique du premier ministre lorsqu’elle l’a rencontré au cours du Tintamarre de Caraquet, en 2016.

«Il m’a serré la main. Il m’a même fait un bec», révèle-t-elle.

La dame âgée est une habituée du rassemblement du 15 août.

«C’est une fière Acadienne», souligne Ghislaine Ross, une de ses deux filles adoptives.

À son grand regret, la centenaire n’a pas pu avoir d’enfants naturellement. Elle et son mari ont décidé d’adopter.

Son secret de longévité? Le bonheur. Elle s’efforce d’être heureuse et de prendre ce que l’existence lui apporte au jour le jour.

«On aime vivre, pas mourir», conclut-elle.

De plus en plus de centenaires

Fêter les 100 ans d’une personne n’a plus rien d’extraordinaire. Et dans quelques décennies, cela concernera un grand nombre d’entre nous.

En 2012, ils étaient 316 000 à atteindre le siècle d’existence. Un organisme émanant de l’ONU prédit qu’ils seront plus de trois millions en 2050.

Les secrets de la longévité humaine ont fait l’objet de nombreuses études. Dans Jeune et centenaire, son livre paru en février 2017 aux Éditions Trécarré, le docteur québécois Judes Poirier, vulgarise les mécanismes du vieillissement et donne quelques pistes pour vivre le plus longtemps possible en santé.

Il explique, entre autres, que de saines habitudes de vie alliées à une attitude positive en général et à une bonne génétique sont la clé.

«Les centenaires sont des gens foncièrement positifs, déterminés et confiants en leurs capacités. Ils vivent pleinement le moment présent et demeurent constamment actifs», note-t-il.

La Française Jeanne Calment est assurément à classer dans cette catégorie. À ce jour, elle reste celle qui a vécu le plus longtemps au monde. Elle s’est éteinte en 1997, à l’âge de 122 ans.