Des coeurs en or à Saint-Isidore

Vincent PichardGens d'ici

Depuis cinq ans, Flora et Vincent Richard organisent, chaque troisième dimanche du mois, un brunch communautaire avec animation musicale à Saint-Isidore où ils sont installés. Au début, les bénéfices étaient reversés à leur paroisse. Cela fait quatre ans qu’ils en font profiter les enfants gravement malades de la Péninsule acadienne.

Cette cause leur est chère.

«Une de nos nièces a un enfant malade. C’est venu nous chercher quand on a constaté combien ça affecte son quotidien et celui de ses proches. Malheureusement, notre nièce n’est pas la seule à vivre cette triste situation», confie Flora Richard.

Le couple tient ses comptes à jour.

«On a aidé 47 familles jusqu’à présent», se félicite-t-elle.

Cela va d’un enfant né prématurément avec 13 malformations cardiaques à une mère de quatre enfants autistes, en passant par un gamin fortement défiguré au visage. Un brunch rapporte, en moyenne, 1000$ pour la cause.

«On économise cet argent sur un compte en banque, ce qui nous permet d’aider les familles au cas par cas et selon leurs besoins. Ça peut être le remboursement de frais d’hébergement pour des parents qui accompagnent leur enfant malade lors de séjours à l’hôpital d’Halifax, de Montréal ou d’ailleurs. Tout est géré par un comité officiel. On agit en transparence», explique Vincent Richard.

Le rendez-vous mensuel se répète, son succès ne se dément pas. Plus de 300 personnes y participent à chaque fois.

«On en a déjà accueilli jusqu’à 410», souligne-t-il.

On se presse de toute la Péninsule et de la région Chaleur pour y assister.

«Les gens viennent des environs, mais aussi de Lamèque, de Pigeon Hill, de Grande-Anse, de Bathurst et même de Beresford. Les habitués se présentent dès l’ouverture des portes et restent jusqu’à la fin. Pour certains, c’est un moment où ils socialisent», observe Vincent Richard.

La plupart apprécient le buffet garni. Flora Richard s’attarde à proposer un menu gourmand et de qualité.

«On a des patates, des œufs bouillis et pochés, du jambon, des saucisses, du bacon, des toasts, des beans, du fromage et des fruits frais. On prépare ce qu’on peut la veille et on cuisine tout le matin même. Le dimanche en question, on se lève à 4 h du matin, mon mari et moi, pour ça», révèle Flora Richard.

Et pour varier les plaisirs, celle-ci définit un thème pour chaque brunch: western en janvier, amour en février, lapins de Pâques au moment des fêtes pascales… Cinq ans après, les Richard restent motivés pour mettre sur pied, tous les mois, leur rassemblement dominical.

«Ce qui nous pousse à continuer, ce sont les rencontres avec les familles. Quand elles nous expliquent ce qu’elles vivent et qu’on se rend compte qu’on peut les aider, ça nous donne des ailes. Certaines se privent pour payer les soins de leur enfant. Ça nous émeut», déclare Flora.

Répandre le bien autour d’eux fait partie de leur caractère. Et ça ne date pas d’hier. Depuis près de 50 ans, Vincent Richard s’amuse à jouer les pères Noël dans les foyers de soins au temps des fêtes.

En décembre, lui et son épouse confectionnent des fournées de biscuits et de gâteaux qu’ils distribuent ensuite chez les personnes seules.

«On en a repéré une trentaine vers Saint-Isidore, Tracadie et Paquetville. On va les voir tous les ans. Pour nous, c’est normal et important», conclut Vincent Richard.

L’amour à l’honneur

Le prochain brunch communautaire avec animation musicale organisé par les Richard se déroulera dimanche 18 février, de 9h à 13h. Comme à chaque fois, il aura lieu au complexe Léopold-Thériault.

En raison de la proximité de la date avec la Saint-Valentin et le Jour de la famille – nouveau jour férié au Nouveau-Brunswick, le 19 février –, l’amour et les liens familiaux seront à l’honneur.

Une famille de Sheila racontera son quotidien et les défis auxquels ses membres sont confrontés à cause de la maladie d’un des leurs.

Exceptionnellement, l’entrée sera gratuite pour les enfants (d’ordinaire, elle est de 4$). Le tarif pour les adultes restera le même: 9$.