Yvon Robichaud: la passion du bois

Sébastien LarocqueGens d'ici

Yvon Robichaud a passé toute sa vie à travailler avec le bois, il compte 30 ans d’expérience. Armoires de cuisine, charpenterie et ébénisterie, le contracteur à la retraite ne chôme pas. Depuis 2011, il réalise des projets de tout genre.

Dans son atelier, situé à son domicile de Lamèque, il produit entre 75 et 80 pièces chaque année, estime-t-il.

«Je suis ici presque tous les jours, raconte l’homme. Je ne fais pas des journées de huit heures, mais j’en fais tous les jours.»

Son atelier, couvert d’une centaine d’œuvres, est plus qu’impressionnant. Impossible de compter le nombre d’heures qu’il accorde à ses pièces. Mais il est possible de faire n’importe quoi avec n’importe quel type de bois, suffit d’avoir le temps.

«Il faut être patient!, explique l’homme qui prend dans ses mains un bol qu’il a conçu à partir d’un morceau de loupe de bois. J’ai mis six heures à le faire. Il faut le tailler et ensuite le finir à l’époxy.»

Le sablage est ce qui prend le plus de temps. La finition à l’époxy complique aussi les choses.

«Il faut savoir la dompter comme on dit!» montrant du doigt une table dont il doit retravailler la surface.

Parmi ses œuvres se trouve une vaste collection de décorations murales, des coffrets, de trophées, de miroir, de tables et même d’urnes!

«Une coupe comme celle-ci, raconte-t-il la soulevant de la table pour l’examiner, elle est aussi mince qu’une semblable faite en cristal.»

Plus le bois est mince, plus il est important d’être délicat. «La machine ne doit pas tourner trop vite sinon le morceau va éclater.»

Tout est entièrement fait à la main à partir d’un simple morceau de bois. Il agence les types de bois et leur couleur pour créer différents objets.

«J’improvise!, s’exclame l’homme qui assure ne pas avoir aucun plan conçu d’avance. Pour travailler le bois, soit tu l’as ou tu ne l’as pas! Ça me vient tout seul.»

Travaillant avec 41 sortes de bois différents, M. Robichaud note que les possibilités sont nombreuses et que tout dépend de la grosseur des morceaux qu’il a devant lui.

«Je ne fais pas deux choses pareilles! On pourrait dire que mes créations sont uniques.»

Ses fournisseurs lui procurent des bois provenant de partout dans le monde. Certains proviennent du Brésil, du Congo (Afrique), de l’Italie, etc…

Et pas question de gaspiller le moindre petit morceau.

«Tu vois ces morceaux, ça me sert à faire des petites feuilles et des détails comme tu vois sur les décorations là-bas», faisant référence aux décorations murales et aux paniers.

Sa passion l’habite tout autant sinon plus que le premier jour où il a décidé de se lancer dans le façonnage du bois.

«Je savais qu’à la retraite je voudrais faire quelque chose comme ça.»

À savoir s’il a une préférence, le mystère plane.

«C’est difficile à dire. Parfois tu commences un projet et tu pognes des ambitions et tu continues avec ça. Ça dépend aussi du temps de réalisation des projets.»

M. Robichaud participe tous les ans à des expositions, au marché du Havre et au marché Noël de Shippagan. Il reçoit aussi des commandes spécifiques de certains clients.

«Quand je vais aller à l’exposition à la P’tite Église de Shippagan, je crois que je vais vendre la moitié de ce que tu vois ici.»

Les œuvres de M. Robichaud seront exposées à la P’tite Église de Shippagan du 15 au 21 juillet.