Roland Besnier: la passion du vélo

David CaronGens d'ici

Nous sommes nombreux à vouloir trouver un meilleur équilibre dans nos vies personnelles. Roland Besnier, un résident de Caraquet, l’a trouvé sur deux roues.

Tel un philosophe, le passionné du cyclisme âgé de 68 ans apprend à vivre à son propre rythme un coup de pédale à la fois.

«Je me lève à l’heure que je veux. Je pars quand je veux et je prends les décisions que je veux à longueur de journée. Je n’ai pas de contraintes à devoir faire ci ou ça. Je me concentre seulement sur mon vélo. Je pense à toute sorte de choses et je règle toute sorte de problèmes personnels dans ma tête. Je vois la vie de façon différente», raconte l’ancien directeur de la Véloroute de la Péninsule acadienne.

Ses voyages lui ont aussi fait prendre conscience que les êtres humains sont, en général, prédisposés à la bonté.

«Le vélo fait tomber la méfiance instinctive des gens envers les étrangers que nous sommes. Par conséquent, cela vous permet de vous connecter de façon plus intense avec les gens des différents pays. La plupart des gens sont intéressés par ce que vous réalisez. Pour ne pas dire qu’ils impressionnés par le fait d’être capable de faire de tels périples sur de si longues périodes de temps.»

D’ailleurs, M. Besnier n’a pas peur des grands défis ni des voyages plutôt insolites. En 2016, il a sillonné la France profonde à vélo dans le but de rencontrer tous ses homonymes. Après avoir parcouru près de 2000 kilomètres, il a réussi à rencontrer 11 autres «Roland Besnier».

L’été dernier, il a traversé l’Europe, en suivant trois des fleuves les plus célèbres du continent, soit la Loire, le Rhin et le Danube. Ce voyage lui a permis de visiter six pays, dont plusieurs anciens pays communistes.

Bien que ces pays se soient modernisés à bien des égards depuis la chute du rideau de fer en 1989, une visite dans les lieux ruraux peut se comparer à un voyage dans le temps, raconte-t-il.

Des charettes tirées par des chevaux, la présence de toilettes extérieures et des maisons qui ne semblent pas avoir été rénovés depuis longtemps font partie du paysage à certains endroits.

«Ce qui était vraiment particulier, c’est le grand nombre de petits dépotoirs et d’autres malpropretés à la sortie des villages. La confrontation entre l’ancienne façon de vivre côtoie “maladroitement” la nouvelle façon de vivre du 21e siècle. C’est un choc que nous avons vécu ici dans les années 1970 et qu’ils sont en train de traverser.»

Après deux années consécutives de grands voyages, une période de «repos» s’impose en 2018, bien que l’envie de repartir à l’aventure soit toujours brûlante. Plus tard cet été, il envisage de traverser la Gaspésie en empruntant des chemins de bois qui longe certains cours d’eau. Ou encore de parcourir les quelque 470 kilomètres qui séparent Saint-Jérôme à Val-d’Or.

À plus long terme, la traversée du Royaume-Uni et de l’Irlande fait partie de ces projets.

«La visite en vélo du Vietnam, du Laos et de la Thaïlande m’attire beaucoup aussi.»