L’Acadienne originaire de Caraquet, Marie-Ève Désilets, et la Québécoise Raphaëlle Vézina ont décidé de prendre la route à bord de la Obi-Van Kenobus en direction des États-Unis pour une durée d’environ six mois pour vivre l’expérience d’une vie.

Le goût de l’aventure était trop fort pour les deux jeunes femmes. Après avoir acheté un autobus scolaire Ford 2001, elles ont modifié leur transport pour y ajouter un poêle à bois, de l’eau courante et un frigidaire, sans oublier un cadeau offert par la soeur de Raphaëlle, un yoda «pour [leur] porter chance».

Le nom Obi-Van Kenobus – un jeu de mots jumelant un personnage de Star Wars et un autobus- a été choisi pendant la préparation du périple. Elles ont entrepris leur voyage le 26 octobre sans savoir ce qui les attendait vraiment comme expérience. «Nous avons un itinéraire de prévu, mais nous allons vivre essentiellement au jour le jour. Le trajet peut changer en cours de route.»

Vivre une aventure comme celle-ci était primordiale pour Marie-Ève, qui n’avait pas eu l’occasion de faire un long voyage pendant et après ses études universitaires, tandis que Raphaëlle avait déjà voyagé plusieurs fois dans les dernières années.

«La plupart des jeunes font leur voyage après le secondaire, ou l’université. J’ai travaillé pendant et à temps plein pendant cinq ans après mes études», explique Marie-Ève.

Les deux femmes viennent tout juste d’arriver à Crossville, au Tennessee. Leur prochain objectif est d’atteindre Nashville, la capitale de la musique country. Marie-Ève souhaite aussi se rendre en Louisiane pour aller à la rencontre des cousins Cajuns. «J’aimerais bien aller voir les francophones et connaître la culture», explique-t-elle. Ensuite, elles traverseront les États-Unis jusqu’en Californie, pour ensuite revenir par le Nord.

Moins dépenser

Afin de ne pas revenir endettées, Marie-Ève et Raphaëlle, qui habitent présentement Québec, ont trouvé des solutions pour économiser. Elles ont concocté leur propre savon, en plus d’établir un budget serré et d’user d’imagination. «Tout vient ensemble. On a des panneaux solaires, on achète en moins grande quantité parce qu’on n’a pas beaucoup de place. On a pas le choix de faire ça avec la vie d’autobus. Nous avons prévu un budget de 1000$ chaque mois, et nous ne sommes même pas prêts encore d’atteindre le montant. Ce qui coûte le plus cher, c’est évidemment l’essence» explique Mme Désilet.

En pouvant dormir dans l’autobus, elles peuvent aussi éviter les coûts reliés à l’hôtel. Grâce à au site internet Roomdock.com, les deux femmes peuvent se rendre directement chez les habitants, ce qui donne l’avantage de connaître la culture de la place. «On arrête chez les gens qui ont des terrains. On nous invite à nous stationner, à prendre une douche et même à brancher nos appareils. On nous a même offert à souper!» En retour, les voyageurs peuvent offrir leur aide si les propriétaires ont besoin d’un petit coup de main. Les vagabondes profitent aussi des parcs nationaux américains et des aires de repos pour dormir.

Ne pas avoir peur

Des peurs? Ce sont plus les Américains qui se font des peurs pour les deux femmes, selon Marie-Ève. «Ils ne comprennent pas qu’on se déplace sans armes, ils nous disent de faire attention. On a une hache et c’est tout! Ils ont parfois peur pour notre sécurité.»

Marie-Ève se veut rassurante en spécifiant que les Américains qu’elle a croisés sur sa route depuis le départ sont très accueillants. Elle n’a pas eu peur jusqu’à présent. «On nous offre de la nourriture, un endroit pour dormir. Ça réduit énormément les dépenses. Les gens ne voulaient même pas nous faire payer parfois.»

La logistique entourant les déplacements est le principal souci des deux complices, même si elles ont toujours trouvé un moyen de s’adapter aux diverses situations. «C’est inscrit partout qu’on ne peut pas se stationner pendant la nuit, mais on finit toujours par trouver un endroit. À 18h heures, maximum, on trouve toujours un endroit pour passer la nuit», explique Marie-Ève avec l’approbation de Raphaëlle.

On peut suivre leur itinéraire sur leur page Facebook Obi-Van Kenobus.