Depuis son arrivée à l’Université de Moncton, Frédéric LeBlanc épate ses professeurs. En 42 ans de carrière, le mathématicien Donald Violette n’a jamais vu un tel phénomène.

«J’en ai eu des étudiants exceptionnels, mais lui, il est le meilleur parmi les meilleurs», assure l’un de ses professeurs, Donald Violette.

Dès sa première année au baccalauréat ès sciences avec majeure en mathématiques, Frédéric LeBlanc a sauté les étapes en s’inscrivant à des cours destinés aux étudiants de troisième et de quatrième année, obtenant chaque fois une note finale de 98% à 99%.

Lors de son troisième semestre, le jeune homme de 19 ans s’est lancé dans un travail dirigé sur un sujet particulièrement pointu: l’algèbre homologique. Selon Donald Violette, l’étudiant lui a remis un travail «équivalent à une thèse de maîtrise».

«Il m’a vraiment jeté par terre, je lisais ça et j’en avais des frissons, s’exclame-t-il. Tout était là: la rigueur, le formalisme, rien n’était laissé au hasard avec des enchaînements et une très grande qualité du français. J’étais très étonné!»

Fasciné par les mathématiques, Frédéric LeBlanc tente constamment de pousser plus loin son apprentissage. «Lorsque je tombe sur un concept qui m’intrigue, je peux passer quelques heures à faire de la recherche là-dessus. Quand je suis curieux à propos de quelque chose, je me lance dedans sérieusement», confie-t-il.

Sa passion pour la discipline est née sur le tard. Lors de ses premiers pas à l’école Mathieu-Martin, le jeune Dieppois s’intéressait surtout aux arts, à la littérature et à la physique.

«Si tu m’avais demandé quand j’étais petit si j’aimais les maths, je t’aurais dit «pas spécialement», à l’époque je voulais travailler sur un chantier de construction! Pas la suite, je me voyais devenir un artiste visuel.»

L’élégance des mathématiques

C’est lors de sa dixième année, en se frottant à des concepts plus complexes comme le calcul intégral, que Frédéric a eu la piqûre pour la rigueur des mathématiques. «Je me suis mis à faire des recherches par moi-même et je suis tombé sur toutes sortes de mathématiques, explique-t-il. Ce qui m’a accroché, c’est l’élégance des mathématiques, le fait que tout découle logiquement. Rien n’est laissé au hasard.»

Depuis, rien n’arrête sa soif de connaissance. Les théories abstraites et les démonstrations mathématiques avancées ne lui font pas peur. Son secret pour réussir? Une grosse dose de motivation et beaucoup de travail!

«On peut voir les cours comme l’apprentissage d’une recette pour avoir une bonne note, pour moi c’est important de vraiment comprendre et d’être curieux pour se rendre plus loin. Quand j’ai commencé à lire sur l’algèbre homologique, c’était comme du chinois. Mais une fois qu’on arrive à comprendre, c’est un sentiment de satisfaction énorme, c’est difficile à décrire!»

Frédéric LeBlanc n’entend pas s’arrêter là. Il a l’ambition de poursuivre ses études jusqu’à la thèse de doctorat, avec l’idée de devenir un jour professeur à l’université.

Donald Violette lui promet déjà un avenir brillant. «Il pourrait aller directement au doctorat,  sans faire de maîtrise, affirme le professeur. Il faudrait l’envoyer dans une très grande université et lui trouver un mathématicien algébriste très fort pour le diriger. Je le vois aller très loin et devenir un grand mathématicien, il a un potentiel exceptionnel!»