Un homme de Halifax qui a remporté plus de 671 000 $ US (près de 889 750 $ CAN) lors d’un tournoi international de poker aux Bahamas ne prévoit pas garder un seul sou de sa cagnotte. Scott Wellenbach, un traducteur bouddhiste de 67 ans, dit vivre assez confortablement pour verser tout l’argent à un organisme de bienfaisance.

« J’ai un bon emploi, cela me permet de répondre à mes besoins. Cela me donne un coussin confortable qui me permet de donner mes gains au poker. C’est plutôt facile, je n’ai vraiment pas besoin de l’argent », a-t-il confié.

M. Wellenbach, qui se considère comme un joueur amateur de poker bien qu’il ait des dizaines d’années d’expérience, a terminé troisième à une compétition, qui a attiré les meilleurs joueurs du monde et qui a été diffusée partout dans le monde, mercredi.

En entrevue téléphonique vendredi, M. Wellenbach s’est fait demander s’il a été surpris du résultat.

« Bien sûr, 850 personnes et j’ai fini troisième. Je veux dire, wow! », a-t-il commenté.

La plupart des joueurs avaient une équipe de gens qui les appuyaient par l’entremise d’une chaîne de télévision en direct. Avec un délai d’une demi-heure, ils pouvaient donner des nouvelles sur leurs mains et sur la façon de jouer des participants.

Il a éventuellement profité d’une stratégie du meilleur joueur, Igor Kurganov, qui a fait une énorme différence, selon lui.

« Avant cela, tout ce que j’avais, c’étaient mes amis en Nouvelle-Écosse qui m’écrivaient constamment sur ce que les autres personnes jouaient contre moi et comment ils me percevaient. J’avais l’impression que c’était une activité de groupe, et je sentais que je jouais pour toute la Nouvelle-Écosse, vraiment », a-t-il raconté.

M. Wellenbach croit que son âge l’a aussi avantagé, parce que les plus jeunes pensent que les plus âgés sont conservateurs. Il dit avoir appris avec les jeunes de la Nouvelle-Écosse à jouer plus agressivement.

« Je ne joue pas de façon stéréotypée pour mon âge. Je crois qu’une bonne partie du succès que j’ai eu dans le tournoi s’explique par le fait que les gars ou les femmes avaient du mal à comprendre comment je jouais et ce que je faisais », a-t-il ajouté.

Plusieurs autres dons au fil du temps

M. Wellenbach ne sait pas combien il a misé avec le temps en jouant au poker, mais il croit que cela se chiffre à plus d’un million.

En 2017, il avait remporté 92 000 $ US à un événement à Barcelone. Il avait versé l’argent à un couvent bouddhiste au Népal.

Il dit avoir appuyé plusieurs organismes de bienfaisance à travers le temps, allant de Oxfam, à Médecins sans frontières, en passant par Amnistie Internationale. Mais la majorité de ses dons sont allés à des oeuvres bouddhistes.

M. Wellenbach se concentre maintenant sur des organismes qui soutiennent l’éducation et le bien-être des filles et des femmes.

« Les femmes, je crois, tendent à être plus attentionnées que les hommes, dans l’ensemble. Alors, en fournissant des moyens aux femmes pour qu’elles deviennent plus éduquées, ce qui leur permettra d’occuper des postes d’importance dans le monde, je crois que nous allons être en meilleure posture », a-t-il indiqué.

Il n’a pas décidé encore quel organisme recevra sa dernière cagnotte.

« C’est en février, au plus tôt, et peut-être même un peu plus tard, que je prendrai une décision. Et peut-être que ça n’ira pas à un seul endroit cette fois, parce que franchement, c’est un plus gros montant que tout autre que j’ai gagné dans le passé », a-t-il indiqué.

Une passion de longue date

Ce natif de Philadelphie dit avoir attrapé la piqûre du poker à l’âge de huit ans.

Sa famille passait des étés au New Jersey et il a pu à cette époque regarder des sauveteurs jouer à l’intérieur, alors qu’il pleuvait et que la plage était fermée.

Sa passion l’a suivi à l’école, et dans sa conversion au bouddhisme.

Chose certaine, ce n’est pas le dernier tournoi auquel il entend participer. « Je suis accro à cela », a-t-il conclu.