Une Torontoise a déposé une poursuite contre deux géants de l’univers de la mode, alléguant qu’un maquillage mal appliqué lui a causé « la perte totale de sa jouissance de la vie ».

La poursuite de Tracey Dunn contre le designer Gucci America Inc. et le détaillant de luxe Saks Fifth Avenue allègue qu’un vendeur agressif a appliqué un crayon traceur, familièrement appelé « eyeliner », contre son gré lors d’un voyage à New York en 2016. L’événement, prétend Mme Dunn, a ravagé son apparence physique en lui faisant perdre ses cils, en compromettant sa vision et en changeant de façon permanente sa vie. « Les cils et la vision du demandeur ont été affectés et le demandeur a subi des blessures graves, une invalidité permanente, des douleurs et des souffrances, une perte de salaire et des frais médicaux », selon la poursuite déposée par Mme Dunn devant la Cour suprême de New York plus tôt cette semaine. Ni Mme Dunn, ni Gucci ni Saks Fifth Avenue n’ont répondu à une demande de commentaire au sujet de la poursuite. Aucune des allégations mentionnées dans la poursuite n’a été prouvée devant les tribunaux.

La poursuite allègue que la relation entre les parties a commencé le 31 juillet 2016 alors que Mme Dunn participait à un week-end d’anniversaire surprise à New York avec des membres de sa famille. Mme Dunn, une courtière immobilière, a soutenu qu’elle et ses proches se sont rendus au magasin phare de Saks à Manhattan le matin même et ont rencontré une personne qui se présentait comme un représentant de Gucci. Mme Dunn allègue que l’homme a commencé à appliquer le crayon pour les yeux sans son consentement et sans nettoyer ni affûter l’applicateur. « Il a procédé soudainement, avec force et vigueur […] en appliquant le traceur à l’intérieur et à l’extérieur de ses paupières, lit-on dans la plainte. Immédiatement, la plaignante a commencé à avoir mal aux yeux et à larmoyer. » D’après la poursuite, ce n’est que lorsque Mme Dunn est retournée à l’hôtel pour essayer de retirer le produit elle a découvert qu’il s’était agglutiné et collé le long de ses paupières et de ses cils.

Mme Dunn aurait consulté de nombreux médecins, y compris un ophtalmologiste, une fois de retour à Toronto, mais elle affirme que la mauvaise application du traceur a finalement entraîné la perte définitive de ses cils. La poursuite ne révèle pas en détail comment ses cils ont subi des dommages permanents. En plus de la « défiguration » physique qui, selon Mme Dunn, a anéanti sa confiance en elle et restreint ses activités professionnelles, elle affirme être également aux prises avec des symptômes physiques et émotionnels persistants. « Le demandeur souffre toujours d’une vision floue, d’une incapacité à lire pendant de longues périodes, de douleurs, d’endolorissement et de sensibilité, lit-on dans la poursuite. L’estime d’elle-même de la plaignante a été radicalement altérée. Elle a souffert d’un gain de poids et d’un manque total de confiance en elle en raison de la défiguration qui lui a été infligée par les défendeurs. »

La poursuite de Mme Dunn indique que ses perspectives professionnelles ont également souffert, alléguant que la perte de confiance en elle-même et sa vision compromise l’ont rendue incapable d’assister aux galas et aux événements sociaux qu’elle a décrits comme étant nécessaires dans son domaine professionnel. Le dossier judiciaire indique que Mme Dunn réclame 2,25 millions $ pour des pertes de revenus et des dommages divers à la suite de l’événement.