En Amérique du Nord, nous sommes devenus les rois de l’hygiène, les maîtres de la propreté, les ambassadeurs de la désinfection, les virtuoses de la salubrité. Bravo! Donnons-nous une bonne tape dans le dos. Une tape forte, bien forte. Assez forte pour nous réveiller et nous faire remarquer si nous (en tant que société) sommes allés trop loin.

Je ne suis pas dupe. Je me réjouis de la révolution de la santé publique puis la diminution conséquente des maladies infectieuses. Par contre, je juge important de remettre en question l’hygiène poussée à l’extrême et d’y poser un regard critique.

«L’hypothèse de l’hygiène»

Depuis cent ans, il y a une croissance manifeste de «maladies allergiques» (telles que l’asthme ou la rhinite allergique). Certaines études ont lancé «l’hypothèse de l’hygiène»: une hypothèse qui postule que l’hygiène excessive de nos jours a mené à une diminution d’infections en bas âge, mais à une augmentation de maux graves tels que les allergies. On dit par exemple que les enfants élevés sur des fermes, ou d’autres lieux qui les exposent à une diversité de microbes, ont moins d’allergies que la moyenne.

Ce ne sont que des hypothèses, j’avoue, mais je suis une mère d’enfants aux prises avec des allergies alimentaires très sévères et je trouve ces théories sensées.

Nous désinfecter les mains?

On nous exhorte à nous laver les mains tout le temps et partout. On cherche à désinfecter. Quand avons-nous commencé à croire que tous les microbes étaient méchants? Et nos bons microbes?! Pourquoi les éliminons-nous si aisément?

Selon moi, un simple savon, naturel si possible, suffit. Quand je lis la mention «antibactérien», je m’éclipse!

Aseptiser nos domiciles?

Lorsque nous «nettoyons» l’intérieur de nos domiciles avec des produits nettoyants forts, irritants et toxiques (que sont la plupart des produits communément utilisés), nous dégradons la qualité de notre air. Avec l’automne qui approche, nous allons bientôt clouer nos fenêtres et dépendre aveuglément de notre échangeur d’air (si nous avons la chance d’en posséder un). Et à cette latitude, la plupart de nous passons la majorité de nos jours et nuits à l’intérieur – dans un environnement nuisible à notre santé.

L’auteure et environnementaliste Deirdre Imus déplore que les manufacturiers de nettoyants domestiques (pour la lessive, la vaisselle, les planchers, etc.) n’ont pas à faire mention des potentiels carcinogènes, neurotoxines, mutagènes, tératogènes et perturbateurs d’endocrine et d’hormones sur leurs produits. Elle expose plusieurs choix naturels (que je n’énumérerai pas ici) qui sont aussi puissants que des produits chimiques et toxiques que sont l’ammonium, l’eau de Javel, etc.¹

Nous convoitons tellement l’«avancement» que nous mettons parfois de côté des choix naturels très efficaces. À titre d’exemple personnel, le vinaigre et le bicarbonate de soude nettoient ma maison de fond en comble.

Sagesse d’antan

Mon oncle avait probablement raison quand il m’avait dit plusieurs années passées «Hé! Ils ont besoin de saleté ces enfants-là!» tandis que je lavais très soigneusement (ou plutôt de manière obsessionnelle) la suce de mon bébé qui par grand malheur était tombée par terre. Aujourd’hui, quand mes enfants marchent dans la maison avec leurs espadrilles et mangent un concombre saupoudré d’un peu de terre, je ne perds plus la boule. Ne sous-estimons pas trop nos bactéries!

J’invite respectueusement vos partages et questions.

Défi de la semaine

Essayez un produit nettoyant plus écologique, et moins nocif, au lieu d’un produit que vous utilisiez couramment. Inspirez profondément. Remarquez que vous ne toussez pas!

¹Imus, D. (2007). Greening Your Cleaning. New York: Simon & Schuster.