Vaccinés les enfants contre l’hépatite B dès la naissance

La Presse CanadienneVotre santé

Tous les enfants canadiens devraient être vaccinés contre l’hépatite B dès la naissance afin de prévenir le développement d’une maladie hépatique potentiellement mortelle plus tard dans la vie, ont indiqué des experts qui participent à une conférence internationale.

C’est d’ailleurs ce que recommande aussi l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

À l’heure actuelle, la plupart des provinces et des territoires immunisent les enfants contre ce virus destructeur du foie lorsqu’ils sont beaucoup plus âgés, notamment en Ontario et en Nouvelle-Écosse, qui suggère que les enfants soient vaccinés dès l’âge de 12 ans.

L’hépatite B est transmise par le sang et d’autres fluides corporels. Le virus s’attaque au foie, provoquant une inflammation cicatricielle qui, avec le temps, peut entraîner une cirrhose, une insuffisance hépatique ou un cancer du foie.

L’appel à la vaccination à la naissance a été lancé par des experts internationaux qui assistent au Sommet mondial sur l’hépatite à Toronto, qui se déroule jusqu’à dimanche.

Un expert, le docteur Harry Janssen du Toronto Centre for Liver Disease, a rappelé que les enfants jouent les uns avec les autres, qu’ils se chamaillent et qu’ils partagent leurs brosses à dents, des activités qui peuvent toutes permettre la propagation de ce virus qui se transmet par le sang.

On estime que 230 000 Canadiens sont infectés par l’hépatite B, mais plusieurs n’en savent rien. Moins de 60 pour cent des personnes infectées ont été diagnostiquées et seulement un quart des personnes susceptibles de recevoir un traitement en reçoivent un selon les médecins.

Dans le monde, environ 257 millions de personnes vivent avec l’hépatite B, selon l’OMS. En 2015, près de 900 000 personnes ont succombé à la maladie, connue sous le nom de « tueur silencieux ».

Les nourrissons et les jeunes enfants sont parmi ceux qui présentent le risque le plus élevé d’infection, et la maladie a le plus d’impact dans cette tranche d’âge, puisque plus de 90 pour cent des victimes développeront une hépatite B chronique. Si le risque de maladie hépatique grave est surtout élevé chez les enfants infectés avant leur premier anniversaire, jusqu’à la moitié des enfants âgés de un à cinq ans développent également une forme chronique d’infection.

Cela se compare à cinq à 10 pour cent des personnes infectées à 18 ans ou plus, selon l’OMS. Entre 20 et 30 pour cent des adultes atteints d’une infection chronique développeront une cirrhose et/ou un cancer du foie.

Le vaccin contre l’hépatite B est disponible depuis 1982 et est efficace à 95 pour cent pour prévenir l’infection et le développement de maladies chroniques et de cancers du foie causés par le virus.

L’OMS recommande que tous les nourrissons reçoivent leur première dose de vaccin dès que possible après la naissance, de préférence dans les 24 heures. Deux autres doses suivront à quelques mois d’intervalle, généralement en même temps que d’autres vaccinations infantiles, à partir de l’âge de deux mois.

Cependant, les politiques sur la date à laquelle les vaccins contre l’hépatite B devraient être administrés varient grandement d’un bout à l’autre du Canada.

L’Île-du-Prince-Édouard et le Yukon vaccinent les jeunes enfants à partir de l’âge de deux mois, mais seuls le Nouveau-Brunswick, le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest offrent l’inoculation à la naissance.

D’autres provinces vaccinent les enfants lorsqu’ils sont plus âgés: le Manitoba à neuf ans, l’Alberta à 10 ans et la Saskatchewan et Terre-Neuve-et-Labrador à 11 ans. La Colombie-Britannique a introduit en 2001 la vaccination des nourrissons à compter de l’âge de deux mois, suivie du Québec en 2013. mais cette province inocule les enfants qui ne sont pas couverts par le nouveau programme à l’âge de neuf ans.

La Société canadienne de pédiatrie recommande de vacciner tous les enfants avant qu’ils n’atteignent l’adolescence, bien que les nouveau-nés des mères qui ont l’hépatite B devraient recevoir une inoculation à la naissance.

L’OMS s’est fixé pour objectif d’éliminer l’hépatite B dans le monde d’ici 2030, et l’agence de santé des Nations Unies a appelé tous les pays à signer cet engagement.