Zoothérapie: «Les sourires et les étoiles dans les yeux ne trompent pas»

Vincent PichardVotre santé

On parle de plus en plus de zoothérapie. Dans la Péninsule acadienne, la pratique se répand dans les foyers de soins et procure des résultats. Mais si la demande augmente, l’offre reste limitée.

Malgré son petit gabarit, Niki ne passe pas inaperçue lorsqu’elle franchit les portes du foyer d’Inkerman. Aussitôt, la petite chienne croisée de 2 ans, couleur caramel, attire bien des regards et suscite des commentaires.

Les pensionnaires ne se font pas prier pour la caresser. L’animal à quatre pattes séduit aussi le personnel. Mercredi, cela faisait la deuxième fois que Nadine Ferron, sa maîtresse, l’amenait.

«Pour moi, c’est un rêve. Cela fait longtemps que je veux promouvoir la zoothérapie dans les structures de santé», confie cette amoureuse des animaux, bénévole de longue date à la SCPA.

Elle est convaincue des bienfaits de la zoothérapie. Avec cette expérience, elle les constate.

«Les sourires et les étoiles dans les yeux que je vois ne trompent pas. Un animal apporte du réconfort, c’est un antidépresseur. La première fois que je suis venue, j’ai rencontré un homme qui tremblait à cause de sa maladie. Quand je lui ai mis Niki sur les genoux et qu’il a commencé à la caresser, il s’est arrêté de trembler. C’était instantané.»

La résidence d’Inkerman est un foyer de soins de niveau 4. Il héberge 29 personnes, toutes atteintes de démence ou de maladies dégénératives.

«La zoothérapie est la meilleure option aux médicaments pour réduire le stress ou la pression artérielle, par exemple. C’est pourquoi je suis favorable à la venue régulière d’animaux ici», explique le directeur général de l’établissement, André Savoie.

À raison d’une fois par semaine, un chat ou un chien est accueilli sur place.

«Quand on voit les réactions des résidents, on se rend très vite compte combien c’est nécessaire», déclare Lucie Vienneau.

La responsable des activités observe les visages qui s’illuminent et les comportements qui changent. Des pensionnaires d’ordinaire difficiles d’approche ou renfermés s’ouvrent et se montrent affables.

«Pour certains, c’est une réminiscence. Ils se souviennent de l’animal de compagnie qu’ils ont eu avant et ça leur fait du bien. Ça les stimule.»

Au palmarès des activités qui font le plus réagir celles et ceux qui logent au foyer, les séances avec des animaux se classent en tête, au même titre que les visites d’enfants et les spectacles musicaux.

L’établissement d’Inkerman n’est pas la seule structure du Nord-Est à proposer de la zoothérapie. Il y en a également au foyer de Shippagan et à l’hôpital de Tracadie. Problème pour tous ces organismes, l’offre demeure timide.

Pas facile de trouver un propriétaire de chien ou de chat compétent dans le domaine et capable de mettre à disposition son compagnon à poils. D’autant que pour être acceptée, la bête doit montrer patte blanche.

«Nous avons une politique stricte et des normes à respecter. L’animal doit être vacciné, traité contre les parasites internes et externes, et d’un tempérament calme», souligne Lucie Vienneau.