De nombreux aînés auraient avantage à se tourner vers un musée plutôt que le bureau du médecin pour améliorer leur santé, leur qualité de vie et leur bien-être, puisqu’il est désormais démontré que « l’art fait du bien » dans tous les sens de l’expression.

Une étude inédite menée au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) par des chercheurs en gériatrie de l’Université McGill, dont les résultats ont été présentés mardi au Musée, montre en effet que la participation à une activité artistique en groupe, telle que la peinture ou le dessin, a des effets bénéfiques à tous points de vue.

La recherche clinique, menée auprès de 150 personnes âgées de 65

à 94 ans sur une période de dix mois, montre notamment que la participation aux ateliers artistiques offerts par le Musée, au rythme d’une fois par semaine, a une influence directe sur la santé des participants dits « fragiles »; après trois mois, les participants à la santé fragile ont noté une nette amélioration de leur état. Plus de la moitié de ceux qui étaient dans une des catégories « fragile » ont en effet été reclassés dans la catégorie « vigoureux » au terme de l’expérience.

De plus, les participants ont rapporté une progression régulière et graduelle de leur qualité de vie durant toute la session, de même qu’une amélioration de leur bien-être à la suite de chaque atelier, bien que, dans ce dernier cas, l’amélioration n’était pas cumulative d’une fois à l’autre.

Les chercheurs parlent eux-mêmes de bénéfices sur la santé au-delà de leurs attentes.

Fait à noter, la recherche n’a pas porté sur des personnes malades, mais bien sur des aînés autonomes dont l’état de santé était catégorisé comme étant « vigoureux », « peu fragile », « moyennement fragile » et « très fragile », selon des critères reconnus dans le domaine.

Le docteur Olivier Beauchet, professeur de gériatrie à McGill, titulaire d’une chaire en médecine gériatrique et directeur du Centre d’excellence sur la longévité, estime que ces résultats démontrent le pouvoir préventif de l’art-thérapie. Bien qu’il soit trop tôt pour l’affirmer avec certitude, il note une tendance à une réduction des consultations et des hospitalisations chez les participants.

La recherche a attiré l’attention de nombreuses institutions de sorte que la prochaine étape impliquera un groupe de contrôle et s’étendra à des musées et instituts de recherche dans 10 autres pays en Amérique, en Europe, en Asie, au Moyen-Orient et en Océanie.