Quand les femmes désirent au plus haut point avoir un enfant et que cela ne fonctionne pas, plusieurs se tournent vers les traitements de fertilité. Mais elles ne savent peut-être pas toutes que certaines de ces options, telles que la fécondation in vitro, peuvent légèrement augmenter le risque de complications sévères pendant la grossesse, comme viennent de le souligner des chercheurs canadiens, dont une équipe du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), à Montréal.

Il est question ici d’infections graves et de risques d’hospitalisation aux soins intensifs au moment de l’accouchement.

Cette étude, publiée dans le Canadian Medical Association Journal (CMAJ), a été menée par des chercheurs de l’Institute for Clinical Evaluative Sciences (ICES), de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) et de l’hôpital St. Michaels de Toronto. Les chercheurs ont analysé les données provenant de 813 719 naissances dans des hôpitaux ontariens entre 2006 et 2012.

Cette situation peut concerner beaucoup de futurs parents: au Canada, un couple sur six est touché par l’infertilité, et bon nombre d’entre eux ont recours à des technologies de procréation assistée.

Et au Québec, le programme d’aide financière du gouvernement a permis à beaucoup plus de couples qu’avant de pouvoir bénéficier de traitements de fertilité.

L’auteure principale de l’étude, la docteure Natalie Dayan, clinicienne-chercheuse à l’IR-CUSM et directrice de médecine obstétricale à la division de médecine interne générale du Centre universitaire de santé McGill, juge important de connaître ces données afin de pouvoir déterminer quelles sont les femmes les plus à risque, pour ainsi mieux les suivre pendant la grossesse et leur éviter au maximum les complications.

Mais si le risque est plus élevé pour les femmes ayant reçu un traitement de fertilité que pour des femmes n’en ayant jamais eu, ce risque demeure faible dans l’absolu, dit-elle. Les chiffres à l’appui: 30,8 femmes de l’étude sur 1000 avaient vécu une complication grave pendant leur grossesse, comparativement à 22,2 femmes sur 1000 qui avaient donné naissance à un enfant sans avoir reçu quelque traitement que ce soit. Le risque était un peu plus élevé pour la fécondation in vitro que pour les autres méthodes.

La docteure Dayan souligne toutefois qu’il ne faut pas alarmer les futurs parents malgré ces statistiques: les traitements de l’infertilité constituent un moyen très sécuritaire et très efficace de tomber enceinte.