L’histoire se répète après chaque bordée de neige que laisse à la traîne Dame nature. Toute bonne tempête hivernale qui s’abat sur la province apporte son lot de personnes qui souffriront de malaises allant des simples douleurs musculaires jusqu’à des situations beaucoup plus graves qui peuvent impliquer des problèmes cardiovasculaires ou respiratoires et qui nécessitent une hospitalisation d’urgence. Elle amène par la force des choses nombre de spécialistes de la santé à répéter les consignes qui sont d’usage lorsqu’on s’adonne au sport hivernal national qu’est le pelletage de la neige.

L’Association chiropratique canadienne est formelle : les gens ont souvent tendance à sous-estimer la préparation qui est nécessaire pour affronter la neige et la glace. Il y a en quelques un qui oublieront toujours de porter des gants, tuques, foulards et bottes adaptées aux rigueurs de l’hiver et aux conditions météo qui prévalent. Dans un registre plus sournois, nombreux sont ceux qui oublieront aussi de faire attention à la posture qui sera empruntée lorsque le maniement d’une pelle sera de mise.

L’association nationale, qui représente 7 800 docteurs en chiropratique agréés au pays, invite les personnes qui manie une pelle à l’extérieur à adopter une position stable et de porter idéalement des bottes à semelle antidérapante. Elle suggère aussi de garder la charge et la pelle près du corps afin d’éviter un claquage ou un étirement musculaire et d’y aller par petites couches de neige si celle-ci est épaisse. Le fait de plier les genoux plutôt que le dos s’avère de plus une bonne façon de protéger cette partie du corps et d’éviter des maux qui peuvent être parfois douloureux.

Aussi, au lieu de projeter la neige au loin, il est plus que conseillé de se déplacer afin d’aller la déposer au lieu désigné. Enfin, des pauses d’une à deux minutes par 15 minutes d’effort et une hydratation régulière figurent aussi au menu-conseil proposé par les chiropraticiens.

Des statistiques qui peuvent en dire long

Difficile d’évaluer avec précision le nombre de décès ou d’admissions en centres hospitaliers qui sont directement liées aux conditions climatiques et aux rigueurs de l’hiver. Le Réseau de santé Vitalité a indiqué ne pas disposer actuellement de telles statistiques. L’Institut canadien d’information sur la santé révélait toutefois l’été dernier que pas moins de 8800 blessures liées aux chutes sont survenues au Canada au cours de l’hiver 2016-2017, et ce après que des personnes eurent glissé sur une plaque de glace. Statistiques Canada révélait  pour sa part que le nombre de décès en hiver a été en 2016 de 11 % supérieur au nombre de décès pendant l’été.

L’organisme fédéral précise que les pics de décès observés pendant l’hiver sont liés à trois principales causes qui sont les maladies cardiovasculaires, cérébrovasculaires et respiratoires. L’on y précise que les températures froides ont des répercussions sur le corps humain et qu’elles sont idéales par temps peu humide pour la transmission du virus de l’influenza. De plus, les gens sont plus portés l’hiver à se regrouper dans des maisons chauffées, ce qui augmente le risque de transmission des agents infectieux. Le Bureau du médecin-hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick rapporte d’ailleurs qu’à ce jour, 12 décès et 281 hospitalisations associées à la grippe ont été signalés depuis le début de la saison froide.

S’ajoutent à ces statistiques de nombreux décès et blessures graves liés à la conduite automobile hivernale, à la pratique d’activités de sports de glisse et aux randonnées en motoneige ou en VTT.

Quatre tempêtes tristement célèbres

Du 24 au 26 janvier 2017, une tempête de verglas a frappé les régions du centre et de l’est du Nouveau-Brunswick, de Sackville jusqu’à l’île Miscou. L’intensité de la zone de basse pression a entraîné des conséquences graves, notamment des pannes d’électricité massives qui ont duré pendant plusieurs jours, ce qui a privé d’électricité près de 300 000 clients d’Énergie NB. Deux personnes sont décédées d’intoxication au monoxyde de carbone et plusieurs autres ont été intoxiquées durant cette crise du verglas.

Le 2 février 2003, des tempêtes de verglas ont laissé entre 40 et 60 mm de pluie glacée dans la région de Moncton et de  Wolfe Lake, qui en a reçu 58,3 mm. Les vents ont soufflé jusqu’à 75 km/h, causant un refroidissement éolien de -27 degrés. Les écoles ont été fermées pendant une semaine. Plus de 63 000 domiciles n’avaient ni électricité ni téléphone en raison de la chute de lignes électriques, causée par le poids de la pluie verglaçante qui pesait sur les infrastructures. La tempête a tué un grand nombre de bêtes, a lourdement endommagé des étables et des silos et a détruit des érablières.

Entre le 31 janvier et le 2 février 1992, 156 cm de neige accompagnés de vents violents s’abattent sur la région de Moncton, qui est paralysée et ensevelie sous la neige pour l’occasion. Le 1 et 2 décembre 1964, une violente tempête d’hiver frappe les Maritimes, tuant sur le coup 23 personnes et en blessant huit autres.

Sources : Sécurité publique Canada et MétéoMédia