Mesdames, faites farter vos skis, organisez une sortie au restaurant et renouez avec cette cousine que vous avez perdue de vue: avoir un bon réseau social pourrait vous sauver la vie.

Plusieurs études ont déjà témoigné des bienfaits de l’amitié et de la famille pour la santé. Une nouvelle recherche effectuée auprès de femmes ménopausées a constaté que celles qui se disent bien entourées sont moins à risque que les autres de succomber à une maladie cardiovasculaire. Les chercheurs affirment qu’il s’agit de la plus importante étude jamais réalisée pour mesurer l’impact du réseau social non seulement sur la maladie cardiovasculaire, mais aussi sur toutes les causes de mortalité chez les femmes.

Ils ont détecté une protection modeste, mais significative, chez celles qui ne souffraient pas d’une maladie cardiovasculaire au début de l’étude; aucune protection n’a été décelée chez les femmes qui en avaient déjà une. Les chercheurs croient que les liens sociaux aident à alléger le stress ou à traverser les épreuves de la vie. Il s’agit d’une étude observationnelle, mais la corrélation qu’elle établit entre un réseau social et une réduction du risque de mortalité est « plausible », croit le docteur Janusz Kaczorowski, de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal.

« On peut regarder l’autre côté de la chose, soit l’isolement social, a-t-il expliqué. Ça, on sait que c’est un risque assez grave et c’est bien démontré dans la littérature. Pas nécessairement au niveau des maladies cardiovasculaires, mais au niveau de la santé en général. Les gens qui sont isolés de la société d’une manière ou d’une autre auront des problèmes de santé plus graves que les gens qui sont bien entourés par leurs amis et leur famille. »

Il prévient toutefois que la nouvelle étude n’est pas parfaite: le soutien social des femmes a été mesuré une seule fois et on a demandé aux participantes leur perception de leur réseau social, ce qui reste une mesure subjective. « Le soutien social n’est pas nécessairement quelque chose de constant, a-t-il dit. Parfois, on en a besoin de plus, et parfois de moins. » Il trouve en revanche intéressant qu’on se soit intéressé à toutes les causes de mortalité et non seulement à la mortalité associée à la maladie cardiovasculaire.

Quoi qu’il en soit, les bienfaits qu’on retire de se sentir bien entourés par parents et amis sont plus larges que la seule santé cardiovasculaire. Par exemple, a indiqué le docteur Kaczorowski, plusieurs études ont démontré qu’on peut réduire et même prévenir la dépression, et plus spécifiquement la dépression post-partum, avec un bon réseau social. Ça aide surtout au niveau de la santé mentale, précise-t-il, mais la santé mentale est très reliée à la santé physique. « C’est une constante bien connue que l’homme est un animal social, donc c’est très important pour nous d’avoir ce lien avec la famille, les amis et les voisins », a-t-il expliqué.