Le diabète de type 1 est souvent diagnostiqué tardivement chez les enfants au Québec, alors qu’ils sont déjà atteints par une complication grave de cette maladie, constatent des chercheurs de Montréal.

Une nouvelle étude menée par une équipe de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill révèle que les enfants sont de plus en plus nombreux à être déjà atteints d’acidocétose diabétique au moment du diagnostic de diabète. C’était le cas de plus de 25 pour cent des jeunes de 1 à 17 ans. Et cette proportion augmente de 2 pour cent par année depuis 2001, ont constaté les chercheurs.

Et pourtant, il est possible de prévenir l’acidocétose diabétique, qui se développe lorsque le corps produit des niveaux élevés d’acide dans le sang, ce qui devient ensuite toxique pour le corps. Un simple test de sang permet de détecter le diabète. Il est alors possible d’injecter de l’insuline aux enfants et d’empêcher cette complication de se développer.

Le problème est que les parents et le personnel médical ne reconnaissent pas suffisamment tôt les symptômes du diabète de type 1, a expliqué en entrevue la première auteure de l’étude, Dre Marie-Ève Robinson, une pédiatre endocrinologue ayant effectué sa formation à l’Hôpital de Montréal pour enfants au moment des travaux de recherche. Elle voit la nécessité d’agir et de mener, au Québec, des campagnes de sensibilisation expliquant les symptômes du diabète de type 1. Il s’agit de l’une des maladies chroniques les plus fréquentes chez l’enfant et elle touche environ 4000 jeunes au Québec.

Pour en arriver à ces conclusions, les chercheurs ont analysé les données fournies par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), qui portaient essentiellement sur le diagnostic du diabète de type 1 au cours de la période comprise entre 2001 et 2014. Ils ont identifié un total de 5741 nouveaux cas de diabète chez des enfants et chez des adolescents. Dans l’ensemble, 1471 enfants étaient déjà atteints d’acidocétose diabétique au moment de leur diagnostic de diabète de type 1, avec une plus grande prévalence chez les 5 à 11 ans.