Les jeunes enfants qui pratiquent le ski et la planche à neige sont plus à risque que les autres de subir des blessures à la tête ou au cou, ont prévenu des chercheurs américains lors d’un récent congrès de l’American Academy of Pediatrics.

Le docteur Robert McLoughlin, de la Faculté de médecine de l’Université du Massachusetts, et ses collègues ont examiné les dossiers de 845 enfants admis à l’hôpital en raison d’une blessure subie en pratiquant un sport de glisse entre 2009 et 2012. Ils ont découvert que plus de la moitié de ces enfants ont eu besoin d’une intervention chirurgicale importante. Le risque de fracture du crâne ou du visage était trois fois plus élevé chez les enfants d’âge primaire. Les enfants plus vieux étaient en revanche deux fois plus à risque d’avoir subi une blessure abdominale.

Le quart des patients étudiés avaient été victimes d’une blessure intracrânienne, et ce type de blessure était encore plus fréquent chez les jeunes enfants. « Plus ils sont jeunes, plus ils sont à risque de chuter, mais en même temps, moins ils sont à même de se protéger, a expliqué le docteur Alexander Weil, qui est neurochirurgien pédiatrique au CHU Sainte-Justine. Et en même temps, la forme de leur cou et de leur tête les rend plus à risque de traumas. » Plusieurs changements physiques surviennent entre l’âge bébé et l’âge adulte, poursuit-il.

« Le bébé a une grosse tête et un petit corps, surtout jusqu’à l’âge de deux ans, et un cou qui est très mobile et flexible, avec peu de support musculaire, a dit le docteur Weil. Donc ça fait en sorte que plus un enfant est jeune, surtout en bas de deux ou trois ans, plus la tête est grosse et lourde, plus le cou est petit et faible, et en même temps leur visage est moins développé. « Ça les rend plus vulnérables, pour un même (accident), à différents types de traumatismes. Ils sont plus à risque de traumatismes cervicaux et de traumas crâniens par cette physiologie différente. En bas de deux ou trois ans, un trauma crânien est plus grave que chez un enfant plus vieux. » On ne le répétera jamais assez, martèle le docteur Weil: le port du casque peut prévenir ce genre de blessure, ça sauve des vies et ça protège le cerveau.

« Jamais on va dire de ne pas encourager de faire des sports, mais bien sûr il faut que ça se fasse sous supervision adéquate et sur des pistes adéquates pour l’âge, a-t-il dit. Le plus important c’est la prévention, et la prévention passe par la prudence. Pour moi, le message est que les blessures chez les enfants sont fréquentes (…) et donc comme parent je dois faire attention. Le sport est important, c’est important d’être actif, (…), mais il faut être prudent et adapter les activités à l’âge. Et il faut absolument porter un casque. Plus les enfants sont jeunes, plus il faut être prudent. Mais il ne faut pas non plus avoir peur de ces activités. » Selon Statistique Canada, en 2017, un peu plus de 70 pour cent des enfants de 12 ans et plus portaient toujours un casque pour pratiquer la planche à neige, et un peu plus de 80 pour cent pour pratiquer le ski.

De son côté, l’Institut canadien d’information sur la santé rapporte que les blessures subies en ski et en planche à neige ont été responsables de l’hospitalisation de 1717 Canadiens en 2016-2017.

Crédit photo: Gracieuseté.

Le Complexe sportif Léopold-Thériault, à Saint-Isidore. - Archives
Les sportifs ont un cerveau en meilleure…