Une nouvelle étude pancanadienne montre que 11 % des étudiantes de niveaux collégial et universitaire ont subi des violences sexuelles dans le cadre de leurs études postsecondaires, comparativement à 4 % des étudiants.

Les données publiées lundi par Statistique Canada révèlent par ailleurs que la plupart des agressions sont perpétrées par d’autres étudiants. L’étude couvre les 12 mois précédant l’enquête de l’agence fédérale, réalisée en 2019. Ces agressions étaient perpétrées par d’autres étudiants dans des proportions similaires pour les femmes et les hommes, à 60 % et 61 % respectivement. Les données montrent que d’autres étudiants étaient également derrière la majorité des attentions sexuelles non désirées, telles que les sifflements, les interpellations et les rapprochements trop intimes. Relativement peu d’étudiants ont identifié une personne en position d’autorité, comme un professeur, qui se livre à de tels comportements, mais la situation était plus fréquente chez les femmes.

Bien que la pandémie de COVID-19 ait depuis entraîné une transition massive vers l’enseignement à distance, les données fournissent d' »importants renseignements » aux établissements postsecondaires pour mieux prévenir et contrer ce fléau. « Les personnes qui sont victimes de comportements sexualisés non désirés peuvent se sentir mal à l’aise, menacées et non respectées, et ce type de victimisation peut avoir des effets immédiats et à long terme sur le bien-être et la santé mentale », souligne-t-on. La vaste majorité des étudiants de niveau postsecondaire (71 %) ont déclaré avoir déjà été témoins ou eux-mêmes subi des comportements à caractère sexuel non désirés dans un contexte rattaché au milieu académique.

Pas moins de 45 % pour cent des jeunes femmes et 34 % des jeunes hommes ont déclaré avoir personnellement fait les frais de tels comportements, y compris des communications inappropriées et des relations sexuelles suggérées. Les femmes étaient par ailleurs plus susceptibles que les hommes de considérer ces comportements comme offensants. Certains exemples, comme le fait prendre ou de partager des photos inappropriées d’un camarade sans son consentement, étaient toutefois considérés comme offensants de manière plus généralisée, soit par 59 % des étudiantes et 43 % des étudiants. Quarante pour cent des étudiants masculins se sont dits d’accord ou tout à fait d’accord avec l’affirmation selon laquelle « les gens sont trop offensés par les commentaires, les blagues ou les gestes à caractère sexuel » _ soit près du double de la proportion d’étudiantes partageant ce point de vue.

Plus de la moitié des femmes (55 %) ainsi que 41 % des hommes ont dit être déjà intervenus au moins une fois après avoir été témoins de comportements à caractère sexuel non désirés, mais plus de 90 % des étudiants, tous genres confondus, ont aussi admis s’être abstenus de réagir à au moins une occasion. Peu d’étudiants ayant subi des comportements à caractère sexuel non désirés ont dit en avoir discuté avec un responsable de l’établissement qu’ils fréquentent, soit 9 % des femmes et 4 % des hommes. Parmi les victimes d’agression sexuelle, seulement 8 % des femmes et 6 % des hommes se sont tournés vers un membre du personnel enseignant, des services de soutien ou de sécurité, selon l’étude.

Bien que la plupart des membres de la communauté étudiante semblaient voir d’un bon oeil les politiques, les procédures et les services mis en place par leur établissement, ceux qui avaient eu à composer avec des comportements non désirés en avaient généralement une perception plus négative.

Crédit photo: Archives.

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