Les patients qui ont maintenu ou augmenté la fréquence de leurs relations sexuelles après un infarctus ont réduit du tiers leur risque de mortalité comparativement aux autres, ont constaté des chercheurs israéliens.

Le docteur Yariv Gerber et ses collègues précisent dans le European Journal of Preventive Cardiology que l’activité sexuelle semblait réduire les décès associés à des causes non cardiovasculaires, comme le cancer. Toutefois, et même si cela est très tentant, il faut faire preuve de prudence avant de conclure que ces petites séances de plaisir sont directement responsables d’une meilleure survie. « La conclusion que l’activité sexuelle après un infarctus améliore la survie est un peu exagérée, parce qu’on ne peut pas démêler le lien causal là-dedans, a commenté le docteur Martin Juneau, de l’Institut de cardiologie de Montréal. « C’est certain que quand vous êtes en forme et que vous êtes heureux, vous avez plus de relations sexuelles.

C’est difficile de départager est-ce que ce sont vraiment les relations sexuelles qui améliorent l’état, ou bien si c’est plutôt l’état favorable qui fait qu’ils ont des relations sexuelles? » Le docteur Gerber et ses collègues se sont intéressés à quelque 500 patients âgés de 65 ans et moins qui avaient été hospitalisés pour un infarctus en 1992 et 1993. Au terme d’un suivi moyen de 22 ans, 43 % des sujets étaient décédés, mais ceux qui avaient maintenu ou augmenté la fréquence de leurs relations sexuelles pendant les six mois suivants leur crise cardiaque, avaient réduit leur risque de mortalité de 35 %. « C’est une grosse étude qui vient confirmer, encore une fois et je trouve que c’est important de le rappeler aux gens, que ce n’est certainement pas dangereux d’avoir des relations sexuelles après un infarctus », a dit le docteur Juneau.

Comme grimper deux étages

« C’est un problème que je rencontre souvent avec mes patients après un infarctus ou après une chirurgie cardiaque, poursuit-il. Souvent, le conjoint ou la conjointe va être très inquiet ou inquiète d’avoir des relations sexuelles. (…) C’est surprenant le nombre de patients, peu importe l’âge, qui ont peur. » L’activité physique, y compris l’activité sexuelle, est non seulement permise dans la vaste majorité des cas après un infarctus, elle est même utile et nécessaire, ajoute le docteur Juneau, et même les patients les plus malades sont encouragés à bouger. Le problème découle possiblement du fait que, dans l’imaginaire populaire, faire l’amour est une activité physique plus intense qu’elle ne l’est en réalité.

« Quand on regarde les études qui ont comparé l’effort physique d’une relation sexuelle chez un couple d’âge moyen, ce n’est pas grand-chose, a-t-il dit. C’est comme monter deux étages. Ce n’est pas quelque chose d’énorme, ce n’est pas comme jouer au hockey. » Des relations sexuelles régulières sont également bénéfiques pour la santé mentale, par exemple pour combattre l’anxiété et la dépression, ce qui peut ensuite avoir un impact positif sur le couple. C’est une facette à ne pas négliger, quand on sait que jusqu’à 30 % des victimes d’un infarctus pourront ensuite souffrir de dépression.

« Les relations sexuelles font partie des bonnes choses de la vie qu’il ne faut surtout pas abandonner, a conclu le docteur Juneau. Cette étude-là vient confirmer ce que plusieurs autres petites études ont montré depuis 40 ans, que ce n’est pas dangereux et que c’est bon pour la santé. »

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