Une alimentation riche en thé, en pommes et en petits fruits aurait pour effet de réduire la pression artérielle, surtout chez les gens atteints d’hypertension, ont constaté des chercheurs britanniques.

Ces aliments sont riches en flavan-3-ols, une substance naturelle qui a été associée à une réduction du risque de maladie cardiovasculaire. « La quantité de polyphénols a été mesurée dans l’urine, par différents marqueurs, et ça suggère des effets mineurs, mais significatifs, sur la pression artérielle, ce qui confirme les données qu’on avait ailleurs, dans d’autres études », a réagi le professeur Benoît Lamarche, de l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels de l’Université Laval. En effet, pour une rare fois, les chercheurs britanniques ont mesuré des biomarqueurs trouvés dans l’urine de quelque 25 000 adultes, ce qui leur a permis de chiffrer avec précision la quantité de flavan-3-ols qui se trouvait à ce moment dans leur organisme. Ils l’ont ensuite comparée avec leur pression artérielle.

Les participants à de telles études sont souvent interrogés concernant leurs habitudes alimentaires. Si cela peut permettre de mesurer quelle quantité de thé ils consomment dans une semaine, par exemple, l’information reste incomplète. « C’est une étude qui apporte un nouveau regard parce qu’on a de la misère à mesurer la consommation réelle de ces composantes-là, les polyphénols et tout ça, dans notre diète parce que, par exemple, un thé peut avoir quatre à cinq fois plus de polyphénols qu’un autre », a dit M. Lamarche. Les chercheurs ont constaté une différence d’entre 2 et 4mmHg en comparant le 10 % de sujets ayant la plus faible concentration de flavan-3-ols au 10 % de sujets ayant la concentration la plus élevée. Cette différence se serait maintenue même après que des facteurs comme le tabagisme et la sédentarité eurent été pris en compte.

L’amélioration peut paraître modeste, mais chaque petit progrès est important quand on parle d’hypertension. « Le lien entre la pression artérielle et la santé du coeur est linéaire, a rappelé M. Lamarche. Toute petite augmentation a un effet sur le risque et toute petite diminution a aussi un effet sur le risque. » L’effet bénéfique semblait plus important chez les femmes que chez les hommes, sans que les chercheurs puissent expliquer pourquoi. L’effet bénéfique était aussi surtout marqué chez les sujets souffrant déjà d’hypertension.

« On observe souvent ça, a dit M. Lamarche. Les gens qui sont plus à risque, les gens qui sont en surpoids, les gens qui font du diabète, semblent être un peu plus sensibles à certaines modifications de la diète. Ça s’explique en partie par le fait qu’on a un peu plus de chances de s’améliorer quand on part avec un profil un peu plus détérioré. » Les chercheurs poursuivront maintenant leurs travaux pour préciser encore davantage l’association entre les flavan-3-ols et l’hypertension.

Les conclusions de cette étude ont été publiées par Scientific Reports.

Crédit photo: Des pommes McIntosh, Archives.

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