Une molécule utilisée depuis des années dans le traitement du cholestérol pourrait se révéler utile dans la lutte contre le coronavirus en interférant avec la réplication du SRAS-CoV-2, croient des chercheurs de l’Institut de cardiologie de Montréal.

L’étude dal-COVID s’intéressera ainsi à l’efficacité du dalcetrapib pour combattre la COVID-19. Ce médicament pharmacogénomique pourrait potentiellement neutraliser la protéase principale du virus, qui joue un rôle essentiel dans la réplication et la transcription du virus dans le corps. « Si on réduit la capacité du virus de se répliquer, on peut penser qu’on peut avoir un impact significatif sur la diminution des symptômes », a expliqué le chercheur principal de l’étude, le docteur Jean C. Grégoire. Le docteur Grégoire et ses collègues ont besoin de 200 sujets pour tester ce médicament qui pourrait améliorer les symptômes, réduire les complications et alléger le fardeau sur le système de santé. L’étude évaluera l’efficacité et la sécurité de trois doses différentes de dalcetrapib par rapport au placebo chez les participants sur une période de traitement de dix jours. Le suivi s’échelonnera ensuite sur un mois.

Les premiers résultats sont attendus d’ici au printemps.

« L’étude dal-COVID est plus une étude de faisabilité, ce n’est pas une grande étude si on regarde la quantité de patients qui sont randomisés, a dit le docteur Grégoire. Ça va nous permettre assez rapidement d’avoir les résultats (…). Si on s’aperçoit qu’une des doses est efficace, ça pourrait permettre l’élaboration d’études de plus grande envergure, avec plusieurs milliers de patients pour tenter de démontrer un impact sur la diminution des manifestations virales associées à la COVID. » Les patients qui participeront à l’étude dal-COVID devront être nouvellement diagnostiqués et ne pas présenter de symptômes suffisamment graves pour devoir être hospitalisés. Les études qui tentent de déterminer si des médicaments existants pourraient se révéler utiles contre la pandémie se multiplient aussi bien au Québec qu’ailleurs dans le monde.

Lundi, des scientifiques de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill ont lancé un essai clinique sur la fluvoxamine, un médicament qui a déjà prouvé son efficacité pour réduire les lésions pulmonaires dans des études sur les animaux et dans un petit essai contrôlé par placebo. L’étude clinique ColCorona, qui a vu le jour à l’Institut de cardiologie de Montréal à la fin mars 2020, vise à tester l’efficacité de la colchicine, un comprimé oral déjà connu et utilisé pour d’autres maladies, pour la COVID-19. « On s’aperçoit que plusieurs molécules qui sont développées dans certains champs thérapeutiques peuvent avoir des actions diverses, a dit le docteur Grégoire. Il faut toujours regarder au niveau moléculaire, au niveau génétique, comment ces molécules-là peuvent agir, et on s’aperçoit que le dalcetrapib inhibe une protéase qui est essentielle à la réplication du virus.

« Si on est capables d’empêcher les patients de développer une maladie trop importante, ça va avoir un impact excessivement favorable sur les ressources en santé. »

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