Les travaux d’une scientifique de Québec pourraient éviter à certaines femmes d’être opérées inutilement pour un cancer du sein.

Dans une étude publiée par le journal médical Cancers, la chercheuse Francine Durocher, du Centre de recherche sur le cancer de l’Université Laval, et ses collègues expliquent que l’expression du gène CPB1 pourrait permettre de différencier un carcinome canalaire in situ (DCIS, en anglais) qui risque de rester « in situ » d’un DCIS qui pourrait se propager au reste de l’organisme. « On a découvert que ce gène-là permettrait de faire la différence entre un DCIS qui va rester localisé dans le temps, par rapport à un DCIS qui a une probabilité d’évoluer vers un invasif », a résumé Mme Durocher. La mesure de l’expression de ce gène pourrait donc venir s’ajouter aux outils dont disposent déjà les médecins pour caractériser le cancer du sein de leurs patientes.

Le cancer du sein progresse souvent d’une lésion bénigne à une maladie plus grave. La professeure Durocher et ses collègues tentent de « mettre en évidence une signature génique de chacune des étapes de la progression du risque du cancer du sein ». « Ça pourrait faire en sorte d’aider à différencier le stade précédent, c’est-à-dire l’hyperplasie avec atypie, qui est bénigne, d’un DCIS, où là on commence à aller vers un état qui est quand même plus malin, a-t-elle expliqué. Ça pourrait faire la différence entre les deux. » Environ 70 % des femmes chez qui on soupçonne un DCIS seraient opérées inutilement, puisqu’elles présenteraient en réalité une hyperplasie avec atypie.

« Ça permettrait à un certain nombre de femmes d’éviter une chirurgie non nécessaire, a dit Mme Durocher. Si le cancer est pour rester in situ, on va opter pour la surveillance accrue et non pas une chirurgie, à la place. » En revanche, l’identification hâtive d’un DCIS ayant le potentiel de se transformer en cancer canalaire invasif serait cruciale pour augmenter les chances de survie de la patiente. La Société canadienne du cancer estime qu’une femme sur huit souffrira d’un cancer du sein pendant sa vie, et qu’une femme sur trente-trois en décédera. Le cancer du sein représente le quart de tous les nouveaux diagnostics de cancer chez les femmes.

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