Allergies au lait: des chercheurs canadiens avisent de se méfier du chocolat noir

Une étude de l’Université Laval suggère aux centaines de milliers de Canadiens qui sont allergiques au lait de se méfier aussi du chocolat noir.

La recherche précise que les personnes allergiques aux protéines laitières courent une chance sur six d’avoir une réaction après avoir consommé un produit au chocolat noir vendu au Canada. Parmi ces produits affichant la mention « Peut contenir du lait », 93 % contiennent effectivement des protéines laitières selon ce qu’ont constaté des chercheurs de l’université. Une autre analyse de plusieurs centaines de produits alimentaires vendus au Canada avec la mention « Peut contenir des arachides » ou « Peut contenir des noisettes » a révélé des résultats différents: ces allergènes n’étaient présents que dans 6 % et 10 % de ces produits, respectivement.

Dans un article publié par l’Université Laval, la doctorante en sciences des aliments, Emilie Manny, explique qu’en usine, le même équipement peut servir à la fabrication du chocolat au lait et qu’il peut donc y avoir contamination croisée avec le chocolat noir. Elle précise que le problème risque de toucher particulièrement les entreprises qui utilisent des systèmes de tuyauterie pour pomper le chocolat fondu, car il est difficile de nettoyer à fond l’intérieur des tuyaux pour faire disparaître toute trace de protéines laitières.

En tenant compte de la prévalence et de la concentration des protéines laitières dans les produits au chocolat noir ainsi que des seuils cliniques de réactions allergiques, Emilie Manny a calculé que le risque qui pèse sur les Canadiens allergiques aux produits laitiers qui mangent du chocolat noir est de 16 %. À son avis, les personnes allergiques au lait feraient mieux d’éviter tous les produits au chocolat noir qui portent une mise en garde. Pour régler le problème de contamination croisée, la doctorante croit que les produits contenant du chocolat noir devraient être fabriqués dans des installations ou des lignes de production dédiées. Si cela n’est pas possible, Mme Manny propose que des protéines laitières soient volontairement ajoutées aux recettes de chocolat noir parce qu’elles figureraient obligatoirement parmi les ingrédients sur l’emballage et les consommateurs sauraient à quoi s’en tenir. Les entreprises pourraient alors spécialiser leurs productions sans produits laitiers.

Les travaux ont été effectués par des chercheurs de la Plateforme d’analyse des risques et d’excellence en réglementation des aliments (PARERA) et de l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels de l’Université Laval. Ils sont exposés dans la revue Food and Chemical Toxicology.

Crédit photo: Simon A. Eugster, This file has been extracted from another file: Schokolade-schwarz.jpg.

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