La ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, veut encadrer la mise en circulation de gadgets nettoyants qui émettent des rayons ultraviolets ou de l’ozone. Selon elle, ces produits sont dangereux pour les Canadiens et, contrairement à ce que les fabricants prétendent, ils ne sont pas efficaces pour tuer les virus comme celui qui cause la COVID-19.

Patty Hajdu a signé un arrêté d’urgence, lundi, qui force les fabricants de dispositifs à rayonnement ultraviolet et générateurs d’ozone _ comme les baguettes à rayons UV et les désinfectants à rayons UV pour téléphones cellulaires _ à obtenir une homologation de Santé Canada, selon les modalités de la Loi sur les produits antiparasitaires. Jusqu’ici, ce type d’appareils ne faisait l’objet d’aucune réglementation. Toutefois, Santé Canada souligne qu’avec l’arrivée de la pandémie de COVID-19, on a assisté à l’apparition d’une foule de nouveaux gadgets vendus au pays avec la prétention de contrôler ou de tuer les bactéries et les virus sur toutes sortes de surfaces ou même dans l’air et dans l’eau. On parle d’appareils qui auraient des effets désinfectants sur les téléphones ou les jouets, par exemple, et d’autres qui émettent des rayons UV ou de l’ozone pour désinfecter l’air ambiant ou une masse d’eau dans un espace fermé.

Santé Canada a publié une mise en garde à propos de ce type de produits, l’automne dernier, et continue d’affirmer qu’on ne dispose pas de preuves de l’efficacité de ces appareils. Le ministère prévient qu’une exposition prolongée aux rayons UV ou une exposition à un niveau de radiation élevé peut causer de graves troubles oculaires, des brûlures cutanées profondes et des cancers de la peau. « À ce jour, Santé Canada n’a pas encore reçu suffisamment de preuves pour démontrer que ces produits peuvent être utilisés en toute sécurité ou qu’ils fonctionnent comme on le prétend », peut-on lire dans une note explicative publiée lundi par le gouvernement. « Santé Canada conseille aux Canadiens de ne plus utiliser les lampes et les baguettes UV qui prétendent désinfecter et tuer le virus qui cause la COVID-19, surtout si le dispositif est destiné à être utilisé sur la peau », ajoute-t-on.

L’arrêté ne vise pas les appareils à rayons UV utilisés pour désinfecter les piscines, les spas ou les systèmes de traitement des eaux usées. D’autres appareils peuvent aussi être exemptés de l’homologation, notamment ceux qui sont certifiés conformes « aux exigences canadiennes de sécurité en matière d’électricité » et dont « la lampe ultraviolette est entièrement protégée ou enfermée » pour empêcher l’utilisateur d’être exposé au rayonnement. Les prétentions affichées sur ces appareils vont aussi être encadrées et devront se limiter à des « allégations d’assainissement supplémentaire ».

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