Les nouveau-nés fiévreux sont plus inquiétants que jamais pendant la pandémie de COVID

Plus que jamais en période de pandémie, les nouveau-nés qui font de la fièvre doivent retenir l’attention de leurs parents et des professionnels de la santé, prévient une nouvelle étude publiée par des chercheurs de l’Hôpital de Montréal pour enfants.

Non pas parce qu’ils pourraient avoir été infectés par le coronavirus, mais plutôt parce qu’ils sont susceptibles de présenter une infection qui met potentiellement leur vie en danger. Règle générale, environ 10 % des nouveau-nés qui font de la fièvre souffrent d’une infection possiblement mortelle; ce pourcentage a doublé à 20 % pendant la période de l’étude, entre mars 2020 et mars 2021. « On a observé une diminution de la transmission des infections virales, en raison des mesures sanitaires, a dit le chercheur principal de l’étude, le docteur Brett Burstein. Avec la distanciation sociale et tout le monde qui portait un masque, il n’y avait presque pas d’influenza, de rhinovirus, tous les autres virus qu’on a et qui circulent. « Donc, quand un bébé se présentait à l’urgence pour de la fièvre, la proportion qui avait des infections bactériennes importantes a beaucoup augmenté. »

Pendant que la proportion d’infections graves (comme des méningites bactériennes, des infections urinaires et des bactériémies) doublait, le nombre de visites aux urgences du Children pour des nourrissons fiévreux âgés de moins de trois mois diminuait des deux tiers. On sait en effet que, depuis le début de la pandémie, la population évite de visiter les salles d’urgence par crainte du virus et par désir de laisser la place aux gens « vraiment malades ». Au Children, on a constaté une baisse de 60 % des visites à l’urgence. La fièvre chez un nouveau-né de moins de trois mois est toujours préoccupante, a rappelé le docteur Burstein. « Les nouveau-nés n’ont pas de système immunitaire assez développé et ils n’ont pas le bénéfice des vaccins, a-t-il expliqué. Donc déjà, on parle d’une population vulnérable en ce qui concerne les infections. »

Environ 2 % de tous les bébés nés à terme consulteront pour de la fièvre pendant leurs premiers mois de vie, et dans 90 % des cas, il s’agira d’un problème bénin qui ne nécessitera que des soins peu complexes. Toutefois, entre mars 2020 et mars 2021, la proportion de bébés fiévreux qui souffraient d’une méningite ou d’une bactériémie (la présence de bactéries dans le sang) a bondi, passant de 1 % à 3,5 %. « Cette augmentation nous dit que pendant la pandémie, pendant les mesures sanitaires, il faut être particulièrement prudents avec les nouveau-nés qui font de la fièvre, a dit le docteur Burstein. Il y a une diminution du nombre de bébés fiévreux, sans diminution des infections importantes. »

Les infections les plus préoccupantes n’ont pas diminué du tout, a-t-il ajouté. Donc, quand un bébé fait de la fièvre pendant la pandémie et en présence de mesures sanitaires, ce sera plus fréquemment quelque chose d’inquiétant que les virus normaux qui circulent. Même une infection urinaire peut, chez le bébé, se transformer assez rapidement en problème de santé grave. Le message aux parents et aux médecins est donc très clair: il faut être plus prudents que jamais face à un bébé qui fait de la fièvre en cette période de pandémie et de restrictions sanitaires. D’autant plus que les bébés fiévreux peuvent être particulièrement difficiles à diagnostiquer, puisqu’ils « jouent un tour » aux médecins en donnant l’impression qu’ils vont plutôt bien, même s’ils sont en réalité très malades, a rappelé le docteur Burstein.

« Ils ont l’air bien jusqu’au dernier moment, ‘and then they crash’ (tout se met à mal aller) », a-t-il dit en conclusion. Les conclusions de cette étude ont été publiées par le journal médical JAMA Network Open.

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Sur internet:

https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2781929

Crédit photo: Pixabay LicenseLibre pour usage commercial, pas d’attribution requise.

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