L’activité physique pourrait aider à contrer une forme d’insuffisance cardiaque

L’activité physique pourrait aider les patients qui présentent les premiers signes d’une forme d’insuffisance cardiaque, mais qui ne ressentent pas encore de symptômes, à rester en santé plus longtemps, montre une nouvelle étude américaine.

Les chercheurs de l’Université du Texas se sont intéressés aux patients qui souffrent d’insuffisance cardiaque avec fraction d’éjection préservée. Le coeur de ces patients pompe avec une force normale, même s’il n’est pas capable de se détendre adéquatement pour se remplir de sang. Les patients pourront souffrir d’une accumulation d’eau sur les poumons ou dans les jambes et d’essoufflements. Les médecins sont actuellement très limités dans leur capacité à ralentir la progression inexorable de la maladie. Les chercheurs américains ont toutefois constaté que les patients qui étaient les plus actifs physiquement parvenaient à améliorer « l’élasticité » de leur muscle cardiaque, et donc à retarder l’apparition des symptômes.

« C’est énorme, s’est enthousiasmé le docteur François Simard, de l’Institut de cardiologie de Montréal. Quand je vais voir un patient qui a l’air d’avoir un peu ce profil-là, puis on en voit malheureusement fréquemment, c’est clair que je vais encore plus leur recommander de faire de l’exercice physique de façon régulière. » Trente et un patients ont participé à l’étude texane. Onze ont fait du yoga, des exercices d’équilibre et des exercices de force trois fois par semaine; les vingt et un autres ont fait de la natation, du vélo ou de la marche jusqu’à ce qu’ils soient en mesure de faire 30 minutes d’activité aérobique intensive par intervalles deux fois par semaine, en plus de quelques séances hebdomadaires d’intensité modérée et d’exercices de force.

Au bout d’un an, les membres du groupe le plus actif physiquement avaient amélioré l’élasticité de leur muscle cardiaque et leur santé cardiorespiratoire. Aucun changement n’avait été constaté dans le groupe témoin. Les sujets étaient des hommes et des femmes sédentaires âgés de 45 à 64 ans. « Une étude comme ça qui dit ‘OK, il y a vraiment eu une amélioration sur la capacité de relaxation du coeur’, puis que potentiellement ça peut avoir un impact dans le futur à démontrer, ça plaît à l’esprit, a dit le docteur Simard. Je pense que ça nous donne encore plus d’arguments pour encourager les patients dans cette direction-là. »

Arsenal limité

Face à de tels patients, les médecins recherchent aujourd’hui d’autres problèmes de santé qui pourraient être à l’origine de l’insuffisance cardiaque, comme l’hypertension, et recommandent de modifier certaines habitudes de vie, comme la consommation de sel. Ils peuvent aussi prescrire des médicaments pour combattre l’accumulation d’eau, mais ceux-ci finissent par perdre de l’efficacité au fil du temps. Traiter les causes sous-jacentes du problème peut permettre de freiner un peu la maladie, mais « c’est un processus qui est un peu inévitable, qui va progresser, progresser, progresser, puis éventuellement les patients vont avoir des symptômes et malheureusement décéder », a déploré le docteur Simard. Il est donc « innovateur » de constater que l’exercice physique a un rôle à jouer, ajoute-t-il, puisque cela ajoute une arme à l’arsenal thérapeutique des médecins.

Les résultats de cette étude ne permettent pas pour le moment de déterminer si les patients qui ont amélioré la santé de leur muscle cardiaque finiront eux aussi par ressentir les symptômes de leur insuffisance cardiaque. Toutefois, lors d’une autre étude, les mêmes chercheurs avaient constaté que l’activité physique n’améliorait pas le sort de patients de plus de 65 ans qui manifestaient déjà des symptômes. C’est pourquoi ils ont décidé d’intervenir auprès de patients plus jeunes et pour le moment asymptomatiques. Le défi pour les médecins sera maintenant de convaincre les patients de bouger après leur avoir annoncé que la santé de leur coeur commence à défaillir, a admis le docteur Simard. « C’est hyper fréquent », répond-il quand on lui demande si les patients qu’il rencontre quotidiennement sont hésitants à devenir plus actifs physiquement, par crainte de trop en demander à leur coeur.

Pendant longtemps, a-t-il dit, le message a été de rester au lit et de forcer le moins possible. Tous ces mythes ont maintenant été déboulonnés, mais il reste un grand travail d’éducation à faire de la part des médecins. « De plus en plus, on se rend compte que même si le coeur a été abîmé et tout, (à l’intérieur de) certaines balises, faire de l’exercice physique, c’est presque toujours bénéfique quand on a un problème cardiaque », a indiqué le docteur Simard. Même dans le cas de pathologies cardiaques pour lesquelles on croyait que l’exercice physique était absolument contre-indiqué, on réalise maintenant qu’on peut retirer un bénéfice de l’activité cardiaque, a-t-il ajouté. Les conclusions de cette étude ont récemment été publiées par Circulation, le journal médical de l’American Heart Association.

Crédit photo: Archives.

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