Maladie d’Alzheimer: le régime MIND préserverait la résilience cognitive des aînés

Les aînés qui adhèrent au régime MIND semblent en mesure de préserver leur résilience cognitive, même si les plaques et les enchevêtrements qui caractérisent la maladie d’Alzheimer ont commencé à s’accumuler dans leur cerveau, indique une nouvelle étude américaine.

Le régime MIND combine des éléments du régime méditerranéen et du régime DASH. Il identifie dix aliments qu’on devrait privilégier et cinq qu’on devrait éviter. Les chercheurs du Centre médical universitaire Rush, à Chicago, ont étudié un peu moins de 600 adultes à compter de 2004. Les participants étaient majoritairement blancs et ne présentaient pas de signes de démence. Chaque année, on leur a demandé de se plier à une évaluation cognitive et de répondre à un questionnaire concernant leurs habitudes alimentaires. Les chercheurs ont constaté qu’un score MIND élevé (calculé à partir des réponses fournies au questionnaire alimentaire) était lié à de meilleures habiletés de mémoire et de raisonnement, peu importe la progression de la pathologie de la maladie d’Alzheimer dans le cerveau ou d’autres pathologies cérébrales associées à l’âge.

« L’étude montre que l’adhérence à cette diète MIND est associée à une meilleure résilience cognitive, (…) donc des personnes qui ont des fonctions cognitives supérieures à ce qu’on pourrait s’attendre malgré la présence des marqueurs neuropathologiques dans le cerveau », a résumé le professeur Charles Ramassamy, de l’Institut national de la recherche scientifique. La présence des plaques et des enchevêtrements dans le cerveau mène habituellement à la maladie d’Alzheimer. Il est toutefois intrigant, a dit le professeur Ramassamy, de constater que ceux qui ont adhéré au régime MIND ont maintenu des « capacités cognitives supérieures à ce qu’on pourrait s’attendre. Ils maintiennent leurs capacités cognitives malgré qu’ils aient ces marqueurs pathologiques dans le cerveau ». L’étude ne démontre toutefois pas que l’adhérence au régime MIND influence la progression ou le développement de ces marqueurs pathologiques.

Elle porte en revanche à penser qu’il y a certains facteurs « sur lesquels on pourrait intervenir pour ralentir le développement de la maladie ou maintenir des fonctions cognitives », a dit le professeur Ramassamy, « tels que les facteurs nutritionnels ou d’autres facteurs qui sont impliqués dans le mode de vie », comme un sommeil de qualité, l’activité physique et l’activité mentale. L’étude n’est évidemment pas parfaite. Elle ne démontre, par exemple, aucun lien de causalité entre l’adhérence au régime MIND et la résilience cognitive, mais plutôt une association. Les scores MIND ont été calculés en fonction de l’alimentation rapportée par les participants, ce qui pourra être source d’imprécision. Aussi, les participants ne présentaient aucun déficit cognitif au début de la recherche. Cela étant dit, poursuit le professeur Ramassamy, le régime MIND contient des dizaines de nutriments qui ont des effets antioxydants et anti-inflammatoires.

« Ça met en évidence que, éventuellement, l’adhérence à MIND permettrait de réduire l’hypertension artérielle, de réduire les maladies cardiovasculaires, ce qui est logique parce que les maladies cardiovasculaires et l’hypertension artérielle sont des facteurs de risque importants pour la maladie d’Alzheimer », a-t-il expliqué. Les aliments prônés par le régime MIND (comme les légumes verts, les petits fruits et les noix) ne sont pas difficiles à obtenir et à incorporer à notre alimentation, et il suffit d’en faire une habitude, dit le professeur Ramassamy. « On n’a pas besoin de peser chaque constituant, donc ce n’est pas aussi contraignant qu’on le pense, et surtout lorsque ça devient une habitude, a-t-il conclu. On n’a pas besoin d’une adhérence à la lettre à ce régime-là pour obtenir une résilience cognitive. » Les conclusions de cette étude ont été publiées par le Journal of Alzheimer’s Disease.

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Les grandes lignes du régime MIND:

Pour adhérer au régime MIND et en tirer des bienfaits, on recommande trois portions de grains entiers, un légume-feuille, un autre légume et un verre de vin chaque jour; des noix presque tous les jours; des fèves tous les deux jours; de la volaille et des petits fruits au moins deux fois par semaine; et du poisson au moins une fois par semaine. On recommande aussi de limiter la consommation de beurre ou de margarine à 14 grammes par jour; de ne pas consommer plus de trois portions par semaine de viande rouge; et de consommer moins d’une portion par semaine de pâtisseries, de sucreries, de fromage, et de fritures.

Crédit photo: Archives.

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