COVID et taux de suicide : le scénario du pire a été évité

Les pires craintes ne se sont pas matérialisées : le taux de suicide au Canada pendant la première année de pandémie n’a pas augmenté, mais bien diminué.

Loin de s’en réjouir toutefois, les auteurs de cette analyse ont pris bien soin de souligner que le risque n’était pas passé : « Nos résultats suggèrent que les interventions gouvernementales qui visent à réduire l’insécurité (économie, logement, santé) et les services psychiatriques ciblés, devraient être une priorité, dans le contexte d’une stratégie nationale de réduction du suicide, pas seulement pendant la fin de la pandémie de COVID-19, mais après ».

Leur crainte est qu’on soit seulement devant une « crise retardée », comme certains experts l’avançaient dès le printemps dernier, alors que des données régionales faisaient état de taux de suicide qui, pour l’année 2020, étaient les plus bas depuis plusieurs années. En attendant toutefois, le confinement, les mesures sanitaires et l’anxiété causée par la pandémie n’ont pas conduit au scénario du pire. En chiffres : de 10,82 décès par 100 000 qu’il était entre mars 2019 et février 2020, le taux de suicide est passé à 7,34 par 100 000 entre mars 2020 et février 2021. Il s’agit du taux de mortalité par suicide le plus bas au Canada depuis plus d’une décennie. Cette période correspond aux 12 premiers mois pendant lesquels le pays, comme une partie du reste de la planète, s’est mis à vivre sous plusieurs restrictions sanitaires.

Les auteurs de l’étude, parue le 22 septembre dans le Journal of the Royal Society of Medicine, rappellent également que, pendant cette même période, le taux de chômage moyen par mois au Canada est passé de 5,7 % à 9,5 %, autre donnée souvent citée comme un facteur de risque. On note que quelques études, depuis un an et demi, ont fait état d’une hausse du nombre de gens qui, au Canada, rapportent des pensées suicidaires ou de la détresse psychologique. Et on note par ailleurs qu’au Japon, le taux de suicide avait diminué pendant les cinq premiers mois de la crise, avant de remonter ensuite à un niveau supérieur à l’avant-pandémie. Une hypothèse veut que la fin de l’aide financière du gouvernement soit en cause.

Crédit photo: Archives.

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