Action de grâce: les immunodéprimés se méfient toujours des rassemblements

De nombreux Canadiens immunodéprimés ont décidé de renoncer ou de modifier leurs plans pour l’Action de grâce ce week-end. Malgré des taux de vaccination élevés à travers le pays, le virus de la COVID-19 continue de circuler, provoquant de l’anxiété chez les personnes les plus sensibles.

Christiane Coopman, une dame de 73 ans de Chilliwack, en Colombie-Britannique, fait partie de ce groupe. Elle est atteinte d’un cancer du sang et son mari souffre de mélanome. Comme l’année dernière, son Action de grâce sera très simple, avec des sandwichs à la dinde partagés avec son mari et un appel vidéo des enfants. Ils ont tous deux reçu des doses de rappel du vaccin contre la COVID-19 il y a deux semaines. Mais leurs conditions de santé vulnérables les amènent toujours à se méfier des rassemblements. « Pour les patients atteints d’un cancer du sang, nous ne générons pas beaucoup de protection après deux doses, et maintenant que j’ai une troisième dose, il est possible que j’aie 90 % de protection, mais il est possible que j’en aie 6 % », a raconté Christiane Coopman, qui a reçu un diagnostic de leucémie lymphoïde chronique il y a huit ans.

La Dre Deepali Kumar, médecin spécialiste des maladies infectieuses liées aux transplantations au réseau University Health Network, a déclaré que la réticence à organiser ou à assister à des fêtes est courante chez ses patients immunodéprimés. La Dre Kumar a co-écrit une étude sur les doses de rappel chez les receveurs de greffes d’organes plus tôt cette année, constatant que même si une troisième dose offre à certains patients plus de protection contre la COVID-19, ça ne fonctionne pas pour tous _ et la plupart ne sauront jamais à quel point ils sont protégés. « J’entends cette frustration tous les jours, et tout ce que je peux dire, c’est que nous (les chercheurs) travaillons sur différentes manières de garantir que toute personne immunodéprimée est protégée, a-t-elle déclaré. Il est possible que nous n’ayons jamais le même niveau de protection chez les immunodéprimés que dans la population générale. »

« La meilleure façon de s’assurer qu’ils sont protégés est de faire vacciner tout le monde (pour) réduire autant que possible la transmission de COVID dans la communauté. » Même si la Dre Kumar dit comprendre qu’il peut être décevant pour les personnes immunodéprimées de se priver de rassemblements alors que d’autres passent à une vie normale, elle a déclaré qu’il était possible de participer à un souper d’Action de grâce en toute sécurité avec certaines conditions. Elle a suggéré de garder les groupes petits et inviter seulement des gens entièrement vaccinés. Bien que les enfants de moins de 12 ans ne soient pas encore éligibles à la vaccination, elle a déclaré qu’ils peuvent y assister en toute sécurité si les parents restent vigilants concernant les cas de COVID-19 dans leurs écoles avant l’événement. La Dre Kumar a déclaré que le nombre de cas de COVID-19 au sein de la communauté était également important à considérer. Les personnes immunodéprimées vivant dans des régions où il y a peu de cas quotidiens peuvent prendre plus de libertés que celles des provinces comme l’Alberta et la Saskatchewan, qui sont embourbées dans les quatrièmes vagues.

La médecin hygiéniste en chef de l’Alberta, la Dre Deena Hinshaw, a prévenu cette semaine que les rassemblements à l’intérieur, y compris les soupers de l’Action de grâce, ne sont « toujours pas autorisés » pour les personnes non vaccinées. Elle a exhorté les Albertains, mêmes vaccinés, à célébrer à l’extérieur. Le Nouveau-Brunswick, de son côté, a demandé à ses citoyens de s’en tenir aux rassemblements de personnes qui vivent ensemble à l’intérieur « d’un seul ménage », dans le cadre de nouvelles mesures restrictives visant à stopper la récente augmentation des cas dans cette province. Tina Proulx, une femme d’Ottawa greffée des deux poumons, a décidé de faire un  » petit pas  » pour l’Action de grâces, en s’aventurant chez sa s?ur pour manger avec six de ses proches. C’est la première fois depuis le début de la pandémie que Tina Proulx sera à l’intérieur avec plus de deux membres de la famille à la fois, et la première fois que ses parents, qui sont entièrement vaccinés, n’ont pas été invités à se mettre en quarantaine pendant 14 jours avant sa visite.

Tina Proulx et son mari mangeront à une table séparée, à une bonne distance, mais suffisamment proche pour se sentir toujours partie prenante de la célébration, a-t-elle déclaré. Les participants seront masqués lorsqu’ils ne mangent pas, et le frère de Tina Proulx, qui a des enfants qui ne sont pas vaccinés, ne sera pas au rassemblement. La femme de 38 ans est consciente que ça représente beaucoup de précautions pour une petite réunion de famille, d’autant plus que le risque d’attraper le virus d’une personne entièrement vaccinée est faible. Mais ses proches comprennent la vigilance supplémentaire. « Ils ont vu tout ce que j’ai vécu », a déclaré Tina Proulx, qui a reçu un diagnostic d’hypertension pulmonaire il y a une décennie et a reçu une nouvelle paire de poumons en 2015. « Ils ne veulent certainement pas me mettre en danger. »

Crédit photo: Archives.

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