La COVID longue demeure une énigme pour les chercheurs, malgré certaines avancées

La COVID longue demeure un mystère pour les chercheurs, mais certains éléments de cette affliction commencent à se dévoiler tranquillement.

En faisant le point sur la situation pandémique, mercredi, le directeur national de la santé publique, le docteur Luc Boileau, a reconnu qu’il « n’y a pas de traitement spécifique » pour la COVID longue, dont l’existence n’est plus contestée, et ce, depuis un certain temps. Tout au plus, a-t-on constaté, « un des traitements c’est de vacciner les gens même après qu’ils aient fait l’infection dans leur période de COVID longue. Ça semble donner des résultats importants. » D’ailleurs, à ce sujet, les chercheurs ont tout de même établi certaines constantes, notamment le fait que la COVID longue est plus fréquente chez les gens qui n’ont pas été vaccinés et que ce sont surtout les patients très malades qui ont été hospitalisés qui présentent le plus de risques de la développer.

Fréquence variable

La fréquence semble par ailleurs varier énormément selon les enquêtes. Le docteur Boileau a ainsi expliqué que des travaux récents de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) font état d’un taux pouvant atteindre de 20 % à 30 % chez les travailleurs de la santé. Parallèlement, de nombreuses études internationales font plutôt état d’une fréquence de 7 % à 10 % des personnes infectées qui développeront une COVID longue, selon le docteur Boileau. Par contre, même la longueur de la COVID longue est source d’incertitude. « Ça ne dure pas éternellement. Ça va diminuer dans le premier mois. Toutefois, il y a des gens qui persistent à avoir ces symptômes-là. »

Les symptômes eux-mêmes échappent à toute constance, a-t-il dit. « Ça peut être des changements de goût; ça peut être de la fatigue; ça peut être des difficultés respiratoires; ça peut être beaucoup de choses. Ce n’est pas spécifique. » Heureusement, les données montrent que la COVID longue est moins présente dans les cas d’infection au variant Omicron. « Il y en a eu plus avec les variants que nous connaissions avant. Le Delta en particulier a fait une série de ravages ».

Enfants et adolescents beaucoup moins affectés

À ses côtés, la pédiatre et infectiologue Caroline Quach, de l’hôpital Sainte-Justine, a confirmé que les enfants et adolescents avaient démontré une résistance beaucoup plus forte au virus. « Il y a une grande proportion d’entre eux qui l’ont attrapée, mais une très faible proportion a été hospitalisée », a-t-elle dit. « Honnêtement, comparativement aux hôpitaux adultes où ils avaient des 80, 100 patients hospitalisés, nous notre pire c’est 5 à 10 hospitalisés à un point dans le temps à Sainte-Justine, donc ça n’a vraiment rien à voir avec le risque dans la population adulte. »

Aussi, a-t-elle ajouté, plusieurs hospitalisations étaient davantage préventives pour garder à l’œil des enfants fiévreux et plus vulnérables. Malgré tout, certains enfants ont bel et bien souffert de l’infection. « En général, ceux qui ont eu à être hospitalisés, souvent étaient immuno-compromis ou avaient des conditions médicales sous-jacentes. »

Vaccination de la mère

La vaccination de la mère, aussi, a joué un rôle, particulièrement dans le cas des poupons, a-t-elle raconté. « Les très jeunes enfants ont été aussi un autre groupe à risque où il y a eu davantage d’hospitalisations, particulièrement les moins de trois mois, surtout ceux qui sont nés de mamans non vaccinées. Ceux-là ont eu des complications un peu plus graves, un peu comme la première fois que ces groupes d’enfants-là rencontrent un virus respiratoire. »

La docteure Quach a expliqué que « dans les premiers mois de vie, un virus respiratoire est beaucoup plus difficile à gérer juste d’un point de vue physiologique et anatomique: on a des plus petites voies respiratoires, on s’encombre avec nos sécrétions et on n’est pas capable de les expulser. » Quant aux adolescents, ceux-ci ont aussi été peu touchés. « Ils ont eu un peu de syndrome inflammatoire multi-systémique de l’enfant, mais encore une fois, depuis la venue de la vaccination, on semble en voir moins. « En général, la pédiatrie s’en est très très bien tirée », s’est-elle réjouie.

Tous les indicateurs en baisse

Quant à la situation épidémiologique, le docteur Boileau estime qu’elle va « dans le bon sens » au Québec et réitère que le retrait du masque dans les lieux publics ira de l’avant comme prévu dès samedi. « Les décès, les hospitalisations, les absences des travailleurs de la santé, tous ces indicateurs ne cessent de décroître et nous montrent que nous avons eu raison de faire en sorte d’amorcer graduellement un retour à la normale de manière prudente. » M. Boileau, qui a annoncé que ses points de presse se feraient dorénavant moins fréquents, a tenu à rappeler que la dose de rappel, aussi appelée troisième dose, est toujours recommandée.

La deuxième dose de rappel _ ou quatrième dose _ n’est toutefois recommandée que pour certains groupes précis: les résidants de CHSLD ou résidences pour personnes âgées, les personnes vivant dans d’autres milieux avec une importante proportion de personnes aînées ou vulnérables, les personnes âgées de 80 ans et plus, les personnes immunodéprimées et les personnes très vulnérables vivant dans une communauté isolée ou éloignée. La quatrième dose n’est pas recommandée pour les autres groupes, a-t-il noté, mais elle est disponible pour ceux qui souhaitent l’obtenir. Le docteur Boileau a indiqué que les autorités sanitaires continuent à surveiller l’évolution de la pandémie, « pour ne pas se faire surprendre par de nouveaux variants ».

Crédit photo: Archives.

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