Vos organes sont-ils chroniquement stressés?

Est-ce que les situations stressantes nous rendent malades? Non. Est-ce que nos perceptions et nos réactions face à ces situations peuvent nous rendre malades? Indubitablement.

Dans cette chronique, je me concentre sur nos réactions aux agressions extérieures, ou «stresseurs», et sur le stress chronique dans nos vies. Je vous présente d’abord une situation de stress relatif et quelques réactions face à celle-ci.

Chacun réagit de façon différente

Le directeur général d’une entreprise a annoncé à ses employés que ses finances faisaient piètre figure et qu’il devra réduire les effectifs dans les mois à venir. Voici les réactions, environ un mois après l’annonce, de trois employés (pères de famille, quadragénaires, avec des conditions financières comparables).

• Charles* est une personne qui se stresse facilement. Depuis l’annonce au travail, ses problèmes intestinaux se sont aggravés. Il ne se plaît pas tellement à son travail, mais en même temps, le changement le terrorise. L’idée de chercher un autre emploi ou même être obligé de déménager pour travailler le bouleverse. Il se soucie toujours de l’inconnu.

• Rob* est une personne qui se stresse occasionnellement. Il dort peu depuis l’annonce. Il s’inquiète de ce qui pourrait arriver si son poste était supprimé. Sa confiance est fragile. Il a peur des soucis financiers qui pourraient survenir; il ne sait pas s’il pourrait s’organiser. De plus, l’opinion d’autrui l’inquiète.

• Guy* est une personne qui se stresse rarement. S’il garde son emploi, il sera ravi. S’il le perd, il sent qu’il aura la capacité de gérer l’adversité. Même s’il a été surpris par l’annonce, il n’a pas de contrôle sur ces circonstances extérieures; il est toutefois maître de son domaine intérieur. Et son domaine intérieur est en sécurité.

Je vous ai caractérisé trois réponses différentes à l’annonce, mais j’aurais pu en présenter des centaines. L’essentiel est là: prendre conscience que nous avons un pouvoir sur nos réactions et que celles-ci, en retour, ont un pouvoir sur notre bien-être.

Adoucir les réactions

Quand Charles fait face au changement (qui pour lui est une agression extérieure), il peut apprendre à réagir calmement et accueillir le dynamisme de la vie. Quant à Rob, il peut polir sa confiance en lui lorsqu’il entreprend des projets afin de sentir qu’il a les outils (ou peut les obtenir) pour gérer les perturbations. Enfin, Guy s’attend que la vie apporte des défis et il valorise la résilience; sa sérénité ne le quitte pas facilement et, lorsqu’il se sent stressé, c’est qu’il y a un danger réel.

Que nous éprouvions un stress modéré de temps en temps n’est pas grave. Au contraire, cela peut être positif et nous pousser à accomplir de beaux projets. Le stress n’est pas l’ennemi jusqu’à ce qu’il devienne omniprésent. C’est cette omniprésence qui nous assaille.

Ces «hormones de stress» acharnées

Voici une simple explication biologique tirée des écrits de Bruce Lipton, biologiste. Quand le corps fait face à un «stresseur» absolu, c’est-à-dire un vrai danger, les hormones de stress émises placent le corps en mode de protection pour le pousser à agir intensément. Ces hormones répriment temporairement l’action du système immunitaire et redirige l’énergie (le sang) des organes viscéraux aux extrémités (bras et jambes). En principe, ces moments critiques sont temporaires et rares, alors nos systèmes les surmontent bien. Si nous avons un ours à combattre ou un cougar duquel fuir, le stress intérieur peut s’évacuer par après et l’équilibre se rétablir. En revanche, s’il n’y a pas de fin au «stresseurs», les hormones de stress allongent leur séjour. Lorsque fréquents, ces séjours arrivent à placer nos corps en état de stress chronique, et conséquemment, notre santé est compromise. Aujourd’hui, nous sommes constamment assaillis par des «stresseurs». Bien que la grande majorité de ceux-ci ne soient pas dangereux, nos corps, hélas, entrent en action aiguë quand même.¹

Nos modes de vie nous incitent à nous stresser pour des particularités frivoles, telles que le choix de croustilles à acheter ou un retard de quelques minutes (dont je suis souvent coupable…), mais nos corps se lassent de la pression constante et cherchent désespérément l’équilibre. C’est à nous de redéfinir nos «stresseurs». Détendons nos organes! (J’invite respectueusement vos partages et questions.)

Défi de la semaine

Identifiez une situation préoccupante dans votre vie. À moins d’avoir un lion à vos trousses, détendez-vous et demandez-vous si vos craintes servent à résoudre le problème. Sinon, relâchez-les.

*prénoms fictifs
¹Lipton, B. (2013). La biologie des croyances. Outremont (Qc): Ariane.

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