L’apprentissage le plus fondamental que l’on a à faire sa vie durant est, selon moi, celui d’aimer véritablement.

Je parle d’abord de s’aimer soi-même de façon inconditionnelle, c’est-à-dire d’accepter pleinement qui on est, avec ses forces et ses faiblesses, et répondre à ses besoins. Je parle aussi d’aimer les autres: les accepter et sincèrement leur souhaiter que tout aille pour le mieux.

Tous ont besoin d’amour. Ceux qui sont difficiles à aimer, par exemple des brigands, sont ceux qui en ont le plus besoin. Plus que des malfaiteurs, ce sont des personnes souffrantes, en grand besoin d’amour. Bien qu’il y a toujours des conséquences à ses actions, quand quelqu’un fait un mauvais choix, on peut soit l’accuser irrémédiablement, soit tenter de l’aider avec bonnes intentions. L’amour est un baume sur toutes plaies.

Est-ce de l’amour?

Wendy*, mère seule, dit aimer sa fille adolescente si férocement qu’elle ne pourrait jamais accepter que cette dernière choisisse d’aller vivre avec son père. Les parents aiment leurs enfants de la meilleure façon qu’ils peuvent, je concède. Mais ici Wendy a si peur de se retrouver seule qu’elle est prête à couper les ailes de sa fille. L’amour accorde la liberté à chacun d’être qui il veut être.
Mireille* est en couple depuis presque un an. Elle «aime» son copain si fort qu’elle devient jalouse, voire possessive. Mireille se sent bien avec son copain lorsqu’il réussit à nourrir ses besoins affectifs, et ce, de façon exclusive. La jalousie n’est jamais une forme d’amour. L’insécurité de Mireille démontre la précarité de cette relation; la sécurité intérieure de cette dame devra être développée.
Frédéric* affirme aimer ses amis. Afin d’être accepté, il entreprend souvent, à contrecœur, des actions qui contrastent avec ses valeurs. Frédéric trahit ses principes et, de surcroît, trahit qui il est. S’il choisissait plutôt d’être authentique et que plusieurs de son clan décidaient de lui tourner le dos, ce serait moins critique que Frédéric ne s’acceptant pas lui-même. Là, je vois un grave danger. (Quoique mon objectif ne soit pas d’être alarmiste lorsque je parle de «grave danger», j’avoue que je n’ai jamais rencontré une personne suicidaire qui ne présentait pas une grave carence d’amour et d’acceptation de soi.)
Dominic* démontre qu’il aime les gens qui agissent bien envers lui; s’ils font un faux pas, il garde rancune. Dominic est seulement prêt à être aimant avec ceux qui le «méritent». Pourtant, l’amour ne juge pas les autres ni leurs choix. Certes, on peut désapprouver les choix de certaines personnes et maintenir sa distance si l’on veut – mais sans jugements. Gare aux moments où l’on ne permet pas l’erreur, discrimine celui que l’on ne comprend pas ou omet de pardonner!
Celina* soutient déborder d’amour et répond toujours «oui» aux demandes des autres afin de leur plaire. Celina croit qu’en plaçant tout le monde devant elle, elle sera aimée. Elle se retrouve parfois à se plaindre intérieurement d’avoir dit «oui»; elle a donc à apprendre à se respecter et à établir ses limites. Étant plus honnête (envers elle-même et les autres), les «non» seront plus habituels. En contrepartie, ses «oui» seront très sincères et sans attentes.
Miguel* est très généreux envers les membres de sa propre famille, mais se soucie peu de son voisin (d’à côté ou à l’autre bout de la terre). Son amour est limité et Miguel n’est pas une personne très heureuse. Développer sa compassion et sa gratitude l’aiderait à aimer davantage, sans désirer quoi que ce soit en retour.

Amour inconditionnel

Lorsqu’on ne s’aime pas soi-même, la souffrance n’est pas loin. Si l’on pense pouvoir bien aimer les autres sans s’aimer soi-même, la souffrance, encore, n’est pas loin. Odette Pelletier, superbe formatrice en développement personnel, a écrit: «L’amour véritable ne peut pas faire souffrir. Mais lorsque la souffrance est présente, elle indique un manque d’amour inconditionnel et devient, par le fait même, une excellente enseignante quand tu décides de l’utiliser pour grandir et avancer.»¹ À cœur ouvert, nous apprendrons et nous avancerons.

Choisissons d’aimer (au lieu de chercher à être aimé)!

Défi de la semaine

Identifiez une personne – vous-même ou quelqu’un d’autre – ayant besoin d’une bonne dose d’amour (au moins 750 mg) en ce moment. Acceptez cette personne inconditionnellement et appréciez-la à sa juste valeur. L’amour cause de puissants changements biochimiques, sans effet secondaire nocif pour la santé.
* Noms fictifs
¹Pelletier, O. (2009). L’amour, ce que je veux vraiment, vraiment, vraiment… Huberdeau (Qc): Éditions de l’Être, p.11.