Acheter: une fin en soi?

Je me sens déconcertée. Devrait-on acheter juste pour acheter? Consommer juste pour consommer? Bien que ma confusion dure toute l’année, elle s’accentue particulièrement dans le temps des Fêtes.

J’ai plein de trucs chez nous. Nos placards renferment des vêtements légers comme des vêtements chauds (qui sont essentiels dans la tempête de neige d’aujourd’hui). Mes enfants ont des jeux pour les stimuler. Nous avons du savon, un coupe-ongles, des brosses à dents. Nous avons des livres, un portable, l’internet. Nous avons des casseroles, une planche à découper, un mélangeur.

Néanmoins, on tente de me convaincre que je mérite encore un autre truc – un truc qui fera mieux l’affaire. Je mérite plutôt la paix d’esprit qui va de pair avec renoncer à la société de consommation qui, lentement mais sûrement, abîme la planète. Nul besoin du super «Mélangeur Nutri Ninja», mon mélangeur ordinaire fait d’exquis frappés aux fruits. Merci quand même.

Mais c’est Noël, voyons!

Devrais-je me laisser séduire par la commercialisation de la période des fêtes? Noël approche à grands pas et la propagande m’entoure; je n’arrive pas à distinguer l’amour des cadeaux, tant on les entremêle. Je sens la pression d’acheter des trucs pour des gens qui ont déjà trop de trucs. Je me retrouve à faire des magasins dans l’intention d’acheter un je-ne-sais-trop-quoi. Il faut bien offrir des trucs, non? (Soit dit en passant, si vous êtes brayon, comme mon père, n’hésitez pas à remplacer le terme «truc» par «gréement» dans cette chronique.)

« Euh… voici ton cadeau de Noël. Au cas où tu rêvais d’avoir une couverture avec manches, je t’offre un Snuggie». (C’est que je suis censée acheter des cadeaux… et que je l’ai acheté en ligne puis en l’ajoutant à mon panier d’achats, je dépensais suffisamment pour bénéficier d’une expédition gratuite… et que tu as déjà tout…). On dit que c’est l’intention qui compte. Consommer pour consommer afin d’offrir un truc quelconque: est-ce véritablement une intention que je veux transmettre en ce temps d’amour et de paix? Pas vraiment. Pas du tout.

Journée sans achat

La «journée sans achat» est une manifestation, naissant d’un mouvement d’anticonsommation, qui se déroule le même jour que le «Vendredi fou».

Elle nous encourage à examiner le problème de la surconsommation: les effets néfastes sur l’environnement, la détérioration des valeurs humaines, la domination de la publicité, etc.

Je souscris volontiers à la journée sans-achat, ne serait-ce que pour sentir que je me soustrais à la société de consommation.

L’histoire des choses

Annie Leonard, créatrice du projet «L’histoire des choses», m’a ouvert les yeux avec son livre et son documentaire animé où elle décortique les cinq étapes de l’économie matérielle. Dès lors, mon désir d’acheter des trucs s’est atténué. Je me demande combien de ressources ont été consommées pour l’extraction des matériaux qui composent les trucs que je considère me procurer. Combien de pollution a été générée pour la production des trucs en question? Combien d’énergie a été utilisée pour leur distribution? Qu’est-ce qui est déployé pour que la consommation devienne, à tout prix, un mode de vie? Puis, combien d’énergie sera gaspillée pour l’élimination des trucs éphémères? Bien entendu, les répercussions de nos achats sont nombreuses et considérables.

Donnons sans acheter!

(J`invite respectueusement vos partages et questions.)

Défi de la semaine

Il ne reste plus qu’une semaine avant Noël! Délaissons les achats de dernière minute. Offrons des cadeaux recyclés, usagés ou fabriqués à la main. Sans emballage. Sans méga solde.

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