Comment se retrouve-t-on en état d’épuisement professionnel? Ce serait pratique de mettre en cause l’employeur, les politiques institutionnelles, les facteurs de stress constants, l’inflexibilité de l’horaire ou autre. Tout cela peut être réel, n’empêche que la cause est en soi. Non, elle n’est pas à l’extérieur de soi.

Littéralement, la tournure est claire: épuisement professionnel. On est épuisé (psychologiquement et physiquement) et cet épuisement est relié à ses activités professionnelles, entre autres. On n’a forcément pas su respecter ses limites personnelles. On n’a pas non plus su assurer un équilibre dans sa vie puis, en conséquence, une sphère (ou plus) a été négligée: temps avec ses proches, activité physique, sommeil, alimentation saine, etc.

Facteurs internes et externes

Bien entendu, il y a des facteurs externes qui contribuent à l’épuisement professionnel (tels qu’un climat compétitif ou une surcharge de travail) et on peut proposer des changements organisationnels qui favorisent le bien-être de l’équipe. Toutefois, on doit comprendre que ces facteurs externes ne sont que les éléments déclencheurs de l’épuisement.

«Si l’on désire conserver – ou créer – un équilibre au travail, il nous faut évidemment prendre en considération les facettes organisationnelles, de même qu’il faut évaluer l’apport de chaque individu à cette harmonie: demeurer à l’écoute de son environnement tout en assumant la part sociale qui est nôtre quant au respect de nos valeurs et de la conciliation travail-vie personnelle» – en dépit de facteurs externes contraignants, cette conciliation est réalisable lorsque l’on définit ses valeurs avec franchise.

Explications fréquentes

Voici quelques justifications que m’ont données des individus en arrêt de travail à cause d’un épuisement professionnel:

  • «Les demandes sont irréalistes donc je n’arrive pas à répondre aux exigences.»
  • «Je ne me sens pas apprécié et, pourtant, je travaille si fort.»
  • «Il y a une cliente qui me dénigre et je me sens très anxieuse quand je me retrouve face à elle.»
  • «J’ai quelques collègues qui me traitent de façon injuste».
  • «Je n’aime pas ce que je fais et je ne soutiens pas la vision de l’entreprise.»

Pistes de solutions

Assurer une période de transition après sa journée de travail: respirer profondément et déposer, de façon concrète et aussi de façon symbolique, tout ce qui est lié à son ouvrage.

  • Apprécier ce que l’on accomplit au travail et accepter ses erreurs.
  • Se rappeler que l’on n’a pas à prouver sa valeur ni aux autres ni à soi-même.
  • Discerner ce qui est hors de son contrôle au travail – et lâcher prise.
  • Comprendre que la détente est un besoin important de l’humain et n’a pas à être «méritée»: ralentir ses activités.
  • Avoir recours à des services d’aide professionnelle.
  • Ressentir de la gratitude par rapport à son emploi.

Pour un rétablissement durable, on doit reconnaître avoir nourri des pensées qui étaient nuisibles à soi et qui tarissaient ses réserves d’énergie. Sinon, on risque d’éprouver un épuisement matrimonial, un épuisement parental, un épuisement de soucis perpétuels, un épuisement de la crainte de déléguer, un épuisement de la poursuite d’une «vie réussie» selon la société, etc. Le risque de s’essouffler, voire de s’épuiser, est un peu partout. D’où l’importance de transformer ses pensées néfastes, tranquillement, avec un travail intérieur adéquat et de longue haleine.

Établissons nos limites!

J’invite respectueusement vos partages et questions. n

¹Zanotti, C. et Thibodeau, D.S. (2007). Tenir l’épuisement professionnel à distance. Montréal: Les Éditions Quebecor, p.12.

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