Aujourd’hui, Paul Paradis est ordonné prêtre par Mgr Champagne pour le diocèse d’Edmundston en l’église Assomption de Grand-Sault. Le 25 mars, Charles Lokoka a été ordonné pour l’archidiocèse de Moncton, par l’imposition des mains de Mgr Vienneau.

Ces nouveaux prêtres vont renouveler nos manières de vivre et proposer l’Évangile: Dieu fait toutes choses nouvelles (Ap. 21, 5). Au sein de l’Église et de leur presbyterium, ils ont un rôle unique à jouer afin de signifier la beauté toujours nouvelle de chaque vocation.

Difficile de parler des prêtres aujourd’hui comme s’il s’agissait d’un bloc monolithique. À cause de la personnalité unique de chacun et de la diversité des parcours, il existe différentes façons d’apprécier les choses, les événements, les situations, les perspectives pastorales. La diversité entre les prêtres (et les chrétiens) est la marque que toute vocation est tendue entre deux fidélités: à l’Évangile et à ses justes aspirations.

À côté de responsabilités communes pour les prêtres en paroisse (préparation et célébration liturgique, annonce du Christ aux enfants et aux adultes, soutien et accompagnement avec une attention particulière aux pauvres et aux exclus, gestion, etc.), certains prêtres s’engagent, seuls ou avec d’autres, dans des initiatives pour enrichir la vie de leur milieu. Ces engagements liés à leurs goûts et leurs aptitudes.

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La diversité dans l’exercice du ministère est souvent frappante. Alors qu’un certain «moule» lié à la formation et la proximité (géographique et pastorale) des prêtres entre eux favorisait autrefois une certaine uniformité, cela est moins le cas de nos jours. De plus, les tâches sont si nombreuses que l’importance donnée à chacune varie. L’un sera plus versé dans la vie sociale; un autre sera davantage impliqué avec les groupes de prière.

Cette variété est une richesse. Parce que le prêtre diocésain, avant d’être incardiné dans un peuple chrétien en particulier, est d’abord enraciné dans un monde. Et de ce monde, il est solidaire.

Tout prêtre est un homme avec une famille d’origine, des amis, des expériences. Sa personnalité préexiste avant l’imposition des mains. Ce qui lui est demandé au moment de son ordination, c’est de trouver la manière juste pour que toutes les facettes de sa personne soient désormais au service du Royaume.

Le prêtre diocésain est lié intimement à un peuple avec son histoire et sa culture. Le prêtre se fait proche des autres pour que leurs inquiétudes deviennent les siennes, que leurs joies le réjouissent, que leurs malheurs le touchent. Il doit se faire proche au point d’avoir «l’odeur de leur brebis» (pape François). Les spécialistes vous diront qu’un cheptel qui broute au grand air marin n’a pas la même odeur, et ne donnent pas le même produit que les autres; parlez-en aux propriétaires de la fromagerie du Pied-de-Vent aux Îles.

De plus, le prêtre est marqué par le territoire où il exerce son ministère. On n’est pas curé à Montréal comme on l’est à Cap-Pelé. En arpentant les quais et les côtes, le prêtre d’ici est celui de la proximité, marchant côte à côte avec ceux qui lui sont confiés. Il se laisse polir par les vagues pour devenir l’homme d’une communauté et d’une Église unique voulue par Dieu. Chaque communauté chrétienne est le lieu de son travail, parfois ardu et laborieux, mais surtout source d’une joie profonde lorsque vécue en fidélité à son appel et à l’Appelant.

Malgré toutes les différences entre les prêtres, il y a quelque chose (plutôt Quelqu’un) qui les unit. Au-dessus de tout le travail, ou plutôt sous-jacent à celui-ci, il y a la relation avec Dieu. Celle-ci est une obligation personnelle et professionnelle à laquelle tout prêtre s’est engagé. Chaque jour, le prêtre consacre du temps pour être avec Celui qui est le premier à tenir parole et qui, par Sa fidélité, soutient la sienne.

Quelques événements de la semaine…

Prié pour que les nouveaux ordonnés Charles et Paul trouvent dans les communautés où ils seront envoyés des gens qui les aident à faire advenir le pasteur que Dieu attend d’eux. La diversité est une richesse dans un presbyterium et dans une Église.

Réfléchi à ma vocation en préparant la liturgie de ce dimanche. Chaque année, des événements m’interpellent sur ma manière de vivre mon ministère: l’anniversaire de mon ordination, la demande de mon évêque pour les nominations, le Jeudi Saint et ce 4e dimanche de Pâques appelé «dimanche du Bon pasteur» ou «dimanche des vocations».

Parlé à un groupe de jeunes confirmands lors d’une demi-journée de préparation au sacrement. À la question «Que font les prêtres?» j’ai répondu que le prêtre est un homme de relations. Avec des gens qu’il n’a pas choisi… et qui ne l’ont pas choisi. Certains l’aiment. D’autres moins. Il doit être attentif à tous les gens qui lui sont confiés. Ces derniers l’aident à devenir meilleur et le portent à ressembler au Bon pasteur.

Visité un confrère pour recevoir de lui un conseil. Le prêtre est aussi en relation avec ses confrères et son évêque. Ces derniers aident à porter la vie pastorale. Et dans tout échange, il y a le partage des fatigues, des inquiétudes et des joies. Il y a aussi ce qui est fondamental, mais pas toujours exprimé clairement: la foi, inscrite dans le cœur, en l’Esprit du Christ qui soutient, anime et envoie.

Suivi le pèlerinage du pape François en Égypte. Aux séminaristes et aux prêtres, il a dit «Soyez la locomotive qui tire le train en avant, droit vers le but; soyez des semeurs d’espérance, des bâtisseurs de ponts et des artisans de dialogue et de concorde».

Interpelé par les tentations contre lesquelles François a mis en garde les prêtres. Il y a la tentation de se laisser entraîner par la déception et le pessimisme; celles de se plaindre et de bavarder continuellement. Enfin, les tentations de la comparaison aux autres et de la jalousie qui est un cancer qui ruine n’importe qui en peu de temps.