Voyage – Découvrir Hanoï à travers sa gastronomie

Marie-Michèle Doucet et Michaël PaulinStyle de vie

Il est 9h du matin. Nous traversons les rues du vieux Hanoï, capitale du Vietnam, en direction du marché Đồng Xuân. Construit en 1889 sous l’administration française, il s’agit de l’un des marchés les plus importants de la ville. L’endroit parfait pour débuter la journée. C’est là que Van, un Hanoïen de souche, nous a donné rendez-vous pour nous faire découvrir sa ville.

En nous rendant à notre point de rencontre, on a l’impression de découvrir la ville sous un autre jour. Sur les trottoirs, bien installés sur de petites chaises en plastique, les Hanoïens débutent la journée autour d’un bol de phở. Ici la phở, cette délicieuse soupe à base de nouille de riz et de bouillon de boeuf, est un plat que l’on mange le matin. Le bruit des klaxons semble avoir fait place aux cris des vendeurs ambulants. Je comprends pourquoi Van m’a donné rendez-vous si tôt le matin: «La meilleure façon de découvrir Hanoi, c’est le matin. C’est là où on sent le mieux la culture hanoïenne», nous avait-il écrit.

La meilleure façon de découvrir Hanoi, c’est le matin – Photo de Marie-Michèle Doucet et Michaël Paulin

Pour notre premier arrêt, Van nous fait découvrir le Bún chả, un plat qui conquit immédiatement nos cœurs. Préparé avec du porc grillé, des vermicelles de riz, de la papaye verte et des herbes fraîches servis dans une sauce de poisson sucrée, ce plat est à la fois simple et savoureux. En quelques bouchées, on a l’impression de découvrir tous les secrets de la cuisine hanoïenne. Ici, tout est dans la fraîcheur et l’harmonie des saveurs. Si vous ne goûtez qu’à un seul plat à Hanoï, il faut que ce soit celui-ci! Mais il faut aussi essayer les bánh cuốn, des petits raviolis farcis de viande de porc haché de champignons noirs.

Mais le plat qui nous a le plus intrigué reste le Chả cá, qui est devenu une vedette dans le monde culinaire hanoïen. Des chefs du monde entier visite Chả cá Lã Vọng, ce restaurant centenaire qui prépare le célèbre Chả cá, pour en découvrir les secrets.

Le Bún chả un plat qui conquit immédiatement nos cœurs – Photo de Marie-Michèle Doucet et Michaël Paulin

Alors, qu’est-ce qui fait la célébrité de ce plat? Son goût unique et le fait qu’il est servi directement dans un poêlon que l’on garde sur le réchaud. Le poisson est parfaitement assaisonné d’aneth et de safran, ce qui lui donne sa couleur jaunâtre. À cela, on ajoute quelques herbes fraîches, des nouilles de riz et des arachides. L’odeur est tout simplement divine.

Mais ce que plusieurs ignorent, c’est l’histoire qui se cache derrière ce plat et cette adresse mythique. Van nous explique que l’origine du Chả cá est intimement liée à la colonisation française de la fin du 19e siècle. À cette époque, la famille Doan, à qui appartenait la maison, faisait partie du soulèvement contre les Français. Afin de cacher les dissidents politiques vietnamiens, le père de famille créa un petit restaurant spécialisé dans le poisson frit. Alors qu’au rez-de-chaussée il vend son poisson, au sous-sol il cache dissidents et armes. Lorsque les Français apprennent le stratagème, ils font guillotiner M. Doan. La rue où se trouvait le restaurant s’appelait « Rue de la peinture », mais suite au départ des Français elle fut rebaptisée Chả cá  en l’honneur du célèbre plat, mais également pour souligner la contribution de la famille Doan à l’indépendance vietnamienne. Voilà la preuve que derrière chaque plat, se trouve une histoire fascinante!

Le Chả cá qui est devenu une vedette dans le monde culinaire hanoïen – Photo de Marie-Michèle Doucet et Michaël Paulin

Découvrir la nourriture de rue à Hanoï c’est véritablement plonger au cœur de la culture et de l’histoire vietnamienne. Il s’agit certainement d’une expérience à faire au moins une fois dans sa vie.