Un congrès d’orientation pastorale se déroulera au diocèse d’Edmundston la fin de semaine prochaine, les 20 et 21 octobre. Les congrès ne sont pas nouveaux dans l’histoire récente de cette Église. C’est la troisième fois (après 2005 et 2011) que l’Église diocésaine se réunit pour réviser et adopter un plan pastoral préparé depuis plusieurs mois par une équipe de laïcs et de prêtres avec leur évêque.

Pour en savoir un peu plus, j’ai rencontré la coordonnatrice du Congrès, Sr Edna Thomas, rhsj. Après avoir œuvré 19 ans au Mexique, Sr Edna a accepté l’invitation de Mgr Champagne d’être la coordonnatrice de la pastorale au diocèse d’Edmundston. Depuis 2014, une large part de son travail a été orientée autour de ce congrès.

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Les communautés chrétiennes doivent constamment renouveler leurs propositions pastorales afin d’offrir des moyens diversifiés pour la rencontre avec le Christ. Aussi pour passer d’une pastorale d’entretien à une pastorale missionnaire. Le but du congrès est clair: revitaliser les paroisses du diocèse et les transformer en communautés missionnaires.

Pour atteindre cet objectif, un comité de plus de 10 membres a été formé en juin 2016 pour préparer activement le congrès. Depuis, chaque unité pastorale a été visitée par l’évêque et quelques membres du comité organisateur pour «tâter le pouls» et recueillir les attentes des gens pour leur Église.

À partir des besoins perçus et exprimés lors de ces assemblées régionales, sept orientations pastorales (allant de la formation de disciples-missionnaires à l’avenir des églises et des bâtiments) seront présentées aux congressistes. Lors du congrès, la révision de ces orientations permettra l’adoption de moyens pour un plan quinquennal que chaque unité pastorale aura la mission de mettre en œuvre.

Les invités au congrès sont les prêtres et les membres des équipes d’animation pastorale. Ces équipes de laïcs mandatés par l’évêque sont d’ailleurs un fruit d’un congrès précédent: la responsabilité de chaque paroisse est portée par un prêtre et quelques laïcs.

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Cet exercice de consultation fait partie des manières de faire Église à Edmundston. Cela rejoint une tradition bimillénaire de travail en collaboration en Église. Selon la dimension communautaire de l’Église, tous les baptisés sont invités à participer à la vie de l’Église, y compris à son processus de décisions et d’orientations. Cyprien de Carthage disait au début de l’Église que «ce qui concerne tous doit être l’affaire de tous». Il avait ce souci de la réciprocité entre le mouvement qui va de la périphérie vers le centre et vice-versa.

Le sujet de la consultation en Église est une question très délicate, parce que l’Église n’est pas une démocratie comme on l’entend: elle se reçoit d’un Autre, alors que le principe de base en démocratie est le peuple souverain qui peut changer ses lois et même sa constitution. L’Église quant à elle se met sous l’autorité de la Parole de Dieu et de la Tradition.

Ayant dit cela, nous pouvons dire qu’elle porte en elle des éléments incontestables de vie démocratique. L’Évangile n’a pas été confié uniquement à ceux qui sont au sommet de la hiérarchie, mais à la totalité d’un peuple habité par l’Esprit-Saint. Le Concile Vatican II l’exprime clairement en disant que «l’ensemble des fidèles, qui ont reçu l’Esprit-Saint, ne peut faillir dans la foi, et manifeste cette propriété qui lui est particulière, par le moyen du sens surnaturel de la foi de tout le peuple, quand depuis les évêques jusqu’aux derniers fidèles laïcs, il exprime son consentement universel en matière de foi et de mœurs» (LG, 12).

Le sens de la foi des fidèles confère au peuple de Dieu une responsabilité dans l’expression de ce que l’Esprit dit à l’Église. Cela doit s’articuler avec le ministère hiérarchique de l’Église dans un échange solidaire et vivant. Concilier la dimension communautaire avec la dimension présidentielle, voilà le défi de toute Église. De celle d’Edmundston et des autres. Bon congrès!