Halifax serait l’endroit où le cannabis est le plus populaire

La Presse CanadienneStyle de vie

Montréal arrive au deuxième rang de la consommation de cannabis per capita parmi cinq centres urbains répartis dans tout le pays, selon une nouvelle étude de Statistique Canada employant une méthode expérimentale de récolte des données.

L’agence fédérale a employé « l’épidémiologie fondée sur les eaux usées » pour en arriver à cette conclusion. Cette méthode consiste à analyser les eaux usées municipales pour mesure la consommation de cannabis.

L’enquête a été lancée en mars. Le projet a couvert les zones de desserte de 15 usines de traitement des eaux usées à Halifax, à Montréal, à Toronto, à Edmonton et à Vancouver.

Selon l’étude, c’est à Halifax où la consommation de cannabis serait le plus populaire. On y consommerait hebdomadairement 1319 microgrammes de cannabis par personne. Montréal est au deuxième rang à 976 microgrammes.

Toronto, Edmonton et Vancouver suivent respectivement à 451, 416 et 288 microgrammes. La population de ces cinq centres urbains est d’environ 8,4 millions de personnes.

Les marges d’erreur sont toutefois importantes, variant de 707 microgrammes à Halifax et de 400 microgrammes à Montréal à 80 grammes à Vancouver.

Statistique Canada remarque qu’il existe aussi des disparités importantes dans les résultats d’un mois à l’autre, soulignant que ceux-ci « sont considérés comme provisoires et expérimentaux ».

« Statistique Canada en est encore à étudier les avantages et les limites de l’utilisation de l’épidémiologie fondée sur les eaux usées pour produire des statistiques sur la consommation de drogues. Les essais et les résultats subséquents permettront à l’organisme de mieux évaluer la faisabilité à long terme de l’utilisation des eaux usées comme source officielle de données », peut-on lire sur son site internet.

Elle reconnaît que l’un des défis de la collecte de statistiques sur le cannabis est le risque que les répondants ne déclarent qu’une partie de leur consommation « à cause de la stigmatisation associée à la consommation de cannabis et la réticence à divulguer les achats effectués auprès de fournisseurs non réglementés ».

« Cette sous-déclaration pourrait notamment aussi donner lieu à une sous-estimation de la taille du marché noir du cannabis. Or, en l’absence d’une mesure directe de la consommation de cannabis, l’affaiblissement du marché noir du cannabis, l’un des objectifs de la légalisation à des fins non médicales, sera difficile à surveiller », fait-on valoir dans l’article publié jeudi.

Quand une personne consomme du cannabis, mentionne l’article, son organisme transforme la drogue en métabolites qui sera plus tard éliminés et évacués dans le système de traitement des eaux usées municipales.

Cette méthode est utilisée en Europe depuis 2007 afin de mesurer la consommation de différentes drogues dans les grandes villes.

Statistique Canada a indiqué que l’échantillonnage a commencé en mars 2018 et se poursuivra jusqu’au printemps 2019.