Les gens qui commencent à s’entraîner modifient aussi leur alimentation, et ce même si on leur demande de ne pas le faire, démontre une nouvelle étude réalisée par des chercheurs américains.

On ne sait toutefois pas si ces bonnes habitudes alimentaires sont temporaires ou permanentes.

Au bout de quelques semaines d’entraînement, écrivent les chercheurs de l’Université du Texas à Austin dans l' »International Journal of Obesity », les 2680 participants à l’expérience délaissaient les aliments frits et les boissons gazeuses au profit des viandes maigres et des fruits et des légumes, même si on leur a dit de ne rien changer d’important à leur alimentation.

Les sujets étaient de jeunes adultes âgés de 18 à 35 ans, sédentaires et qui ne suivaient pas de régime. On leur a demandé de faire 30 minutes d’exercices aérobiques trois fois par semaine, pendant 15 semaines.

« On a tendance à interpréter les études (…) à très court terme comme si on allait voir la même chose à très long terme, alors qu’on sait très très bien que ce n’est pas le cas », met en garde Éric Doucet, de l’Université d’Ottawa.

À très long terme, poursuit-il, l’exercice est probablement la technique de perte de poids la moins efficace, si on la compare par exemple avec des interventions nutritionnelles ou pharmacologiques.

Des études animales ont déjà démontré qu’un exercice d’intensité modéré peut réduire la préférence pour les aliments riches en gras, en modifiant le taux de dopamine dans l’organisme. Plusieurs études ont aussi témoigné d’un lien entre l’intensité de l’exercice et la quantité d’hormones qui régulent l’appétit.

« L’action de manger a toujours été une action consciente, on choisit, donc c’est très difficile de départir ce qui est biologie de ce qui est comportement, même s’il y a un chevauchement entre les deux, poursuit Éric Doucet, qui détient un doctorat en physiologie et en endocrinologie de l’Université Laval. À très court terme, c’est probablement un peu des deux. »

D’autant plus que les habitudes alimentaires acquises au fil des ans peuvent être très difficiles à briser.

« Si on fait perdurer l’exercice pendant une plus longue durée, c’est-à-dire vingt ou quarante ou soixante semaines ou un an ou deux et ainsi de suite, ce qu’on voit, c’est que les (nouvelles) habitudes (alimentaires) qui avaient été instaurées dès le départ disparaissent. Donc un peu comme le dicton le veut, chassez le naturel et il revient au galop », dit M. Doucet.

Avec le temps, quand on commence à perdre du poids, nos réserves d’énergie sont amenuisées et l’organisme signale au cerveau qu’il doit corriger le tir, ce qui fait en sorte qu’on a de plus en plus faim.

« Bien que ce soit encore conscient, ce n’est plus le même terrain de jeu, c’est un terrain de jeu qui va fortement influencer vos décisions autour de la nourriture, et progressivement, il va y avoir une érosion de ces comportements-là qui ont été changés au début », conclut M. Doucet.