Une nouvelle collection de recettes offre un aperçu du début de la vie coloniale dans les Maritimes, et donne des conseils pour fabriquer ses propres médicaments, préparer ses desserts _ et indique même comment attraper un rat.

Edith Snook, une professeure d’anglais à l’Université du Nouveau-Brunswick, explique que ces recettes visaient à enseigner aux premiers colons comment vivre dans ce nouveau territoire. Mme Snook et Lyn Bennett, une professeure agrégée à l’Université Dalhousie, ainsi qu’une équipe d’assistants de recherche ont passé les trois dernières années à fouiller dans les archives pour trouver des recettes des Maritimes écrites avant 1800. Les chercheurs ont découvert 500 recettes dans les journaux et des documents écrits à la main. Mme Snook a précisé que dans de nombreux cas, les recettes étaient incluses dans des lettres envoyées à d’autres personnes ou conservées avec d’autres documents importants.

À cette époque, les recettes n’étaient pas utilisées seulement pour la cuisine, elles servaient également à donner des indications pour des remèdes maison et des produits ménagers, a-t-elle expliqué. « Les gens devaient comprendre comment vivre _ pas seulement ce qu’il fallait manger, mais aussi comment rester au sec, se rétablir, cultiver la nourriture, construire et entretenir des maisons. Les recettes ont aidé à tout cela », a-t-elle ajouté. « En gros, tout ce que vous pourriez vouloir utiliser pour vous soigner ou vous nettoyer, il existe une recette pour le fabriquer. » Mme Snook dit avoir été surprise de l’influence d’autres pays dans les recettes, qui comprennent des savoirs originaires de l’Inde, de la Chine et de la Russie.

L’équipe a d’ailleurs testé l’une des recettes de nourriture, celle du pain d’épice, mais les résultats n’étaient pas très concluants. « C’était très, très dur », a indiqué Mme Snook. « Le problème est que beaucoup de recettes ne contiennent pas d’instructions très détaillées. Elles supposent en quelque sorte que vous savez déjà comment faire du pain ou du pudding. Il y a certaines indications générales, mais on est loin du niveau de détail sur la température, les mesures ou les techniques de mélange que nous avons aujourd’hui. »